C'est ici que tout commence.  posté le mercredi 27 août 2008 09:28

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Bienvenue. Ceci est un blog tenu par deux personnes :

M.HEY, qui écrit la plupart des histoires que vous pourrez trouver ici et moi-même, Plaisance. Je m'occupe de la mise en page et des publications des chapitres. Je réponds égalemment aux commentaires. Je suis en quelque sorte le porte parole de ce blog puisque M.HEY n'a pas toujours accès à son pc.

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Ce n'est pas par excès d'amour propre que l'adresse du blog ressemble au pseudo d'une de nous. Loin de là. Il fallait juste que je trouve une adresse qui la représente (puisque ce sont ses textes que vous lirez) et quoi de mieux que son pseudo?!

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Les majs seront irrégulières. Nous nous en excusons d'avance mais nous ne sommes pas des robots. Nous avons une vie et des études à côté. Soyez indulgeant, merci. Pour les fautes d'orthographe, on fait de notre mieux. Si vous en voyez n'hésitez pas à nous prévenir. Ce n'est en aucun cas véxant, nous vous en sommes plutôt reconnaissantes.

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Important : Certains textes contiendront de la violence, des propos crus, de la sexualité homosexuelle et j'en passe. Nous vous avertirons dans tout les cas.

 

Merci de votre visite, et bonne lecture.

 

Cordialement, M.HEY et Plaisance.

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Nouvelles

Déchéance

Mon style, ma vie

C'est interdit (Par Plaisance)

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Histoires

L'élève Tornouet (6 Chapitres)

Yaoi

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Déchéance.  (Nouvelles) posté le mercredi 27 août 2008 10:45

 Déchéance.

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Pfff, toujours aussi passionnant.

C’est fou ! Je sais pas, on pourrait peut être changer pour voir. Ah,

qu’est ce que j’aimerais me casser de cette vie pourrie, pourrie ARCHI POURRIE.

Qui je suis ? Aucune importance. Quelqu’un de banal, sans aucune ambition, aucun avenir, aucun désir. La seule chose que je sais faire c’est me lamenter. Oui, c’est une de mes spécialités. Une fille ennuyeuse à mourir, dans un monde pourri jusqu’à la moelle. J’aime bien ce mot : «  Pourri ». Ca sonne agréablement à mes oreilles. Dénuée de toute forme d’optimisme possible, ça me définit bien. Mon projet dans la vie : « euu… me laisser crever au fond d’un bois » Ouais ce serait sympa.

Me présenter ? vous rigolez ?

C’est une consultation ? Si oui j’ai pas de fric alors démerdez vous !

 Certes…je parle mal, ma « mère » dit que c’est une forme de rébellion contre l’autorité parentale… Les gens inventent de ces trucs franchement !

On va donc commencer par le début, pour faire simple.

Je suis née dans un trou perdu, j’ai déménagé pour aller dans un autre trou perdu, j’ai 14 ans, 3amies complètement abruties par leur culte de je-ne-sais-qui-qui-fait-du-cinéma.

Enfin bref, une fille banale quoi, pas de copain, pas de bons résultats scolaires, pas d’activités.

‘Savez, quand on est nulle, on aime bien rabaisser le monde plus bas que son propre niveau, ça nous valorise en quelques sortes…Ca rassure, on se dit : «  aah, bah, ya plus pourri que moi ».

Toute ma vie, ou plutôt ma courte vie, j’ai rêvé d’être quelqu’un exceptionnel. Tu parles d’un rêve. Un rêve c’est fait, en toute logique pour rêver, et, quand tu rêves, il y a peu de chance pour que ça se réalise. Défaitiste ? Moi ? Pas du tout… j’aurais préféré être une merde chien, jme serais moins ennuyée, jle sens.

Continuons, (c’est sensé me soulager votre thérapie ?)Pas de casier judiciaire… rien.

C’est pas parce qu’on est nul qu’on est forcément délinquant, c’est quoi ces préjugés  totalement faux ? Enfin c’est pas ce que vos préjugés mais j’aime bien devancer les gens !

Mais je suis où là ? Qu’est ce que je fous habillée comme que de un sac ? je sais que d’habitude je suis pas super bien habillé mais… AARGH, j’ai même pas de sous vêtements ! C’est quoi ce binz ? Non  vous ! Vous ne me touchez pas ! Quoi ? Je dois me calmer ? Non mais oh !

Une piqûre ? Ah non j’aime pas ç…

 

Aie ma tête !

Je peux pas me lever !

Ça tourne, tourne, je vais vomir.

Oups, j’ai tout régurgité par terre.

C’est quoi cette chambre ?

Vous êtes qui vous…ma tête…

 

J’émerge enfin. Qu’est ce qui s’est passé ?

J’essaye de me relever, c’est quoi ça ? Des sangles fermement serrées m’attache ! J’y crois pas ! On m’a attachée à  mon lit quoi ! Mais c’est dégueulasse, qu’est ce qu’on va me faire ? J’ai vraiment peur…

DETACHEZ MOI !

DETACHEZ MOI !

 

Personne ne répond. Une pièce carrée, vide, murs blanc, nus. Je crois que je suis au centre de cette pièce. Ah ! Quelle odeur immonde, mais qu’est ce que c’est cette odeur d’hôpital !

Hôpital ? Hôpital ?

Récapitulons. Ne paniquons pas. Je suis attachée dans un lit, en ce qui semblerait être une blouse, dans une chambre aux murs nus et blanc, complètement vide et une odeur insoutenable de ce qui semblerait être du désinfectant pour hôpital est présente.

Beaucoup de choses sembleraient…

 

Je ne suis pas malade, je me sens bien, très bien.

Je ne suis pas folle, sinon, pourquoi m’attacherais-t-on ? je suis complètement lucide, COMPLETEMENT ! Qu’est ce qui se passe ? Mauvaise blague ? Non !non ?!

Je ne me souviens de rien, strictement rien.

M’aurais-t-on droguée.

Ne suis-je point lucide ?

Est-ce un mauvais rêve ?

 

Les sangles, les sangles, détachez moi, détachez moi…

 

***

 

«  Madame ? Madame ? Vous vous sentez mieux ? »

Une dame ? Non moi c’est mademoiselle ! Est-ce que j’ai l’air d’être une dame !?Qui c’est celle là ? Hein ?! Les sangles, la chambre, la blouse ?!!

« Je suis ou là ? Qu’est ce qui s’est passé ?

 

-          Ne craignez rien, on va vous administrer un petit calmant, ça va vous faire du bien !

-          NON ! j’en veux pas de vos trucs ! NON

-          Mais il faut en prendre, voyons, ne soyez pas si têtue !

-          LAISSEZ MOI LAISSEZ MOI »

 

Non, elle ne me laisse pas, elle me pique tant bien que mal. Je me sens toute calme maintenant. Ah ! Quel monde pourri et dénué de sens ; serais je en train de délirer ? Qu’est ce que vous m’avez donné, c’est quoi ce calmant… Punaise j’y comprends que dalle ! QUE DALLE !  j’ai la tête qui tourne, envie de vomir …

 

Noir.

 

" Madame, vous avez de la visite ! "

 

De la visite de où ? Et toi avec ton sourire de niaise, dégage tu fais peur !

Qu’est ce que tu chuchotes là ? Tu crois que je te vois pas ! Ah j’ai les nerfs ! C’est horrible ! Tout m’énerve dans ce monde mal foutu, ça m’énerve tellement que j’en parle mal !

 

« Comment vas-tu ? »

 

En v’la un autre. Il a l’âge d’être mon père. Et moi allongée je ne sais où ! Tiens, d’ailleurs je ne suis plus sanglée, mais dans un lit propre, aux draps blancs, dans une mignonne petite chambre… c’est vraiment étrange. Et celui là qui me tutoie ! On se connaît ?!

Il prends un regard désolé et s’en va chuchoter à l’autre abrutie, comme si je ne l’entendais pas !

 

«  Elle ne me reconnaît pas… »

 

Euh y a erreur, je ne vous ai jamais connu alors, s’il vous plait, ne me prenez pas pour une folle ! Ah ben voila qu’il pleure ! Mais je ne te connais pas, d’où est ce que tu viens ? Qui est ce que tu pleures ? Je n’y comprends rien, rien du tout, vous faîtes tous erreur ! Je ne suis pas folle, ni malade, ni je ne sais quoi d’autre !

 

 

***

 

« Madame, c’est l’heure de votre toilette, allez levez vous ! »

 

Pfff, je sens que je ne vais même pas relevé cet énième erreur, MADEMOISELLE, moi c’est mademoiselle, 14 ans, capiche ? Oui, oui je me lève, de toute façon j’en avais bien l’intention, et vous savez pourquoi ? Pour me barrer de cet espèce d’hôpital de mes deux ! J’ai rien à faire ici ! Pas besoin d’aide merci !

Aouch !

Mon dos, qu’est ce qui m’arrive, je me sens énormément fatiguée tout d’un coup.

 

«  Oh, les calmants ne font plus effet ? Ne vous inquiétez pas c’est normal ! »

 

NORMAL ? C’est à cause de vos sangles oui ! je commence à admettre le fait d’être dans un hôpital même si j’en ignore totalement la cause, mais franchement, où est ce que ça s’est vu d’attacher les patients avec des sangles dans une pièce totalement vide ?! Finalement je veux bien de votre aide, j’ai vraiment mal partout, ça doit  faire une éternité que je ne me suis pas levée. Une éternité … C’est par où la salle de bain ? Ah, vous me guidez, très bien !

 

« Attention à la serviette sur le sol madame ! »

 

C’est bon je suis pas complètement sénile non plus, 14 ans, c’est plutôt avancé vous ne trouvez pas ?

Mon…mon… mon …MON VISAGE !

Je suis toute vieille, qu’est ce que c’est, Au SECOURS ! Réveillez moi je vous en supplie !

Ce n’est pas moi, non ce n’est pas mon reflet, je ne suis pas ici, c’est une illusion, un effet d’optique, un cauchemar ! Ah, ma poitrine, aie j’ai mal, mal , c’est horr…

 

 

***

 

 

« Nous avons le regret de vous annoncer le décès de Madame Wibert, âgée de 70 ans, des suites d’une crise cardiaque. Grésille la voix du téléphone

- Non, non, ce n’est pas possible !

- Je suis navrée, ce doit être une immense douleur pour vous, mais…

- …

- Sa maladie était à un stade très avancé, ses cellules dégénéraient de jours en jours, lors de sa dernière consultation, elle nous affirmait qu’elle avait 14 ans et…

- Elle ne m’a pas reconnu…

- Vous savez, il y a une cinquantaine d’année on avait trouvé un remède contre cette maladie terrible ! Mais elle aussi a évolué, et en pire, la mémoire s’efface et la personne devient complètement dénuée de lucidité se persuadant vivre à une époque révolue de sa vie ! Le fait que nos locaux n’aient pas énormément évolués par rapport à il y a cinquante années a favorisé sa survie, mais le miroir lui a été fatale. Si cela n’avait pas été le miroir, cela aurait été autre chose !

- Mais…mais, jusqu’à lors, il n’y avais jamais eu d’incident, ça a évolué si vite !

- A la sortie du coma, le patient est persuadé d’être un enfant, ou autre. Il est complètement lucide, en tant qu’ado ou enfant qu’il croit être, mais ne se souviens de rien de sa vie passée. Il pique des crises ingérables à moins de l’attacher pour ne pas qu’il ne se fasse mal .Pour votre mère, elle ne voyait pas au-delà de ses quatorze ans. Sa survie n’a malheureusement duré que quelques jours. Mes sincères condoléances.

- Je… je… merci, au revoir. »

 

L’homme raccroche le téléphone. 40 ans, Père de trois enfants. Situation stable.

 

Il s’effondre dans le sofa non loin du téléphone, et il se mit à pleurer, pleurer pour cette femme qui l’avait élevé, nourri, pour cette femme du nouveau siècle, en silence, tout doucement. Cette femme moderne qui jamais ne s’est laissée faire. Aujourd’hui, Le 4 juillet 2062, cette femme était morte, partie pour toujours, envolée dans les cieux. Il pense, il a des regrets, des remords, il a peur de l’oublier, celle à qui il doit tant. Il la remercie, la prie de lui pardonner ces erreurs. Il regarde vers le haut, tout en ce disant ce que chacun se dit après avoir perdu quelqu’un.

 

 «  Tu veilleras sur moi, n’est ce pas ?!Tu seras toujours là ! » .

 

Il n’y a pas d’âge pour pleurer, Pleures, soulages toi. Oui je veillerais sur toi. Je comprends ce que tu vis, ce que tu penses, je ne me souviens de rien non. Je suis ici comme je l’étais là bas. Je te promets d’apprendre à te connaître, et de suivre tes pas. Moi qui n’avais pas de projets ni d’ambitions, comment ai-je pu faire pour t’avoir, tu a l’air si formidable. Je suis grand-mère. Je ne pense plus, j’observe et je chéris. Je ne connais rien de ma vie, apprends la moi. Je n’aurais jamais cru avoir un fils, je n’aurais jamais cru qu’il serait aussi beau, aussi gentil doux et sensible. Je m’en vais en paix. Sans regret ni remord, parce que je sais que ce monde n’est pas aussi pourri que je ne le pensais, il est même bien meilleur, grâce à toi, mon merveilleux fils que j’aime plus de seconde en seconde. Merci.

 

 FIN.

 

 

ndt: Cette maladie n'existe pas, cependant, je me suis inspirée

des ravages de l'Al Zeimer, qui j'espère 'évoluera jamais comme ça !

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Mon style, ma vie.  (Nouvelles) posté le jeudi 28 août 2008 11:15

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Mon style, ma vie.

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J’ai toujours admiré les gens qui ont des styles

aussi distincts ! oui, c’est vraiment génial de se démarquer, d’être différent !

J’ai essayé tous les styles, tous. J’ai essayé toutes les tendances mais jamais au grand jamais je ne me suis sentie différente des autres. Pourquoi ? Parce que ça n’a jamais été moi, je ne suis pas originale. Je suis juste une bonne élève, complètement sans ami(e)s, sans vie sociale qui partage ses journées comme elle le peut, alternant devoirs et lycée. Ça peut paraître bizarre…

 

Lesbienne, gothique, emo, skateuse, kaneka, j’ai cherché ma personnalité partout au grand dam de mes parents qui trouvaient cela aberrant et complètement inutile.

 

Je ne vous raconte pas ma période gothique…

Toujours tout en noir, j’avais teint tous mes vêtements de la même couleur ! Je crois que c’est le premier courant que j’ai suivi. Ma mère était complètement horrifiée. Elle disait que je me «  peinturlurait le visage comme à un bal costumé ». Non mais oh ! Maman, c’est le style, et puis de toute façon t’y comprends rien ! Réaction normale non ? Pour une ado du moins. J’avais 13 ans. Du rouge à lèvres sang aux yeux masqués par le crayon noir, les cheveux gras et des faux piercings de partout, je faisais vraiment peur. Avec mes économies, j’avais même réussi à m’acheter 2 boites de lentilles blanches si bien que lorsque je les avais, on ne voyait pas mes pupilles. Effrayant n’est ce pas ? C’est d’ailleurs ce qui avait valu une attaque au proviseur qui m’avait interpellée pour une tenue qui n’était pas adéquate pour aller en cours ! Après cette frayeur, je fus tranquille toutes les autres années. Pratique non ? Cette tenue m’a value le nom de «  monstre ». Bah, vous me direz, c’est mieux que «  La chose » comme une certaine fille dans ma classe. J’m’étais même fait un vrai piercing à la lèvre ! Le tatoueur n’avait même pas remarqué que j’étais mineure. Cette fois ci, mon père a piqué sa crise. J’étais complètement amorphe à ses cris d’insultes. C’est ça l’attitude. Être mou et stone. Il avait même jeté toutes mes affaires par la fenêtre en criant que sa fille était complètement folle, qu’il se demandait comment il avait pu procréer un monstre pareil. Bref, ça m’a fait mal, mais après, parce qu’il FALLAIT que je garde l’attitude.

Plusieurs fois dans la rue, les gens détournaient les yeux, et je retrouvait mes semblables sur des sites internet glauques où l’on causait suicide, mutilation ou bien films d’horreurs.

Me mutilé pour l’attitude ? Non, faut pas pousser non plus ! Même si ça m’a pas mal tenté, surtout après les répliques cinglantes de mon père…mais je suis trop peureuse pour ça.

 

Après j’ai changé. Pourquoi ? Je suis tombée amoureuse. Ah quel piètre sentiment que l’amour, surtout adolescent ! On se croit amoureux, mais on ne l’est pas, on a envie de lui et puis en fait non. Je l’ai croisé dans la rue. Un magnifique skateur blond. Ah qu’il était beau ! Il ne m’a pas décoché un regard même de dégoût que j’ai habituellement, alors ce soir là, je n’ai pensé qu’à lui, sa casquette et ses cheveux bond.

Le samedi d’après, mes fringues noires ont atterries dans la poubelle, à la grande joie de mes parents ! Mes lentilles restantes, revendues sur le marché noir, le maquillage jeté et les cheveux teints en châtain. Pas blond non ! J’avais vu un film de skateur, et la fille était toujours châtain clair alors voila. Avec l’argent des lentilles (que j’avoue avoir vendu à un prix exorbitant) j’ai pu refaire entièrement ma garde robe, mon maquillage et le coiffeur ( je les aies vendu très très chères, heureusement qu’il n’y en avait plus sur le marché !) j’ai du garder mon piercing, mais j’avais vu ( sur Internet) une skateuse qui en avait un. Mais j’avais complètement oublié un détail, la planche à roulettes ! Ou non, pardon, le skate bô ! Oui le langage c’est ce qui choque au premier abord alors il fallait que je sois parfaite, absolument parfaite. J’avais 14 ans.

Après quelques courtes recherches, je l’ai retrouvé, ce beau blond. Mais j’avais ENCORE oublié un détail, c’est bien beau d’avoir le look, la coiffure, l’attitude, la façon de parler, on ne s’appelle pas skateur si on ne sait pas skater ! Où est ce que je pouvais apprendre ? Dans ma classe, tous avaient changés de comportements face à ma  « transformation ». Même au conseil de classe, les professeurs m’ont mis les félicitations, alors que d’habitude, mes 18 de moyenne restaient sans réponses. Je crois qu’ils ont appréciés cette métamorphose radicale ! Enfin bref, contre toute attente, les garçons de ma classe se jetèrent à mes pieds afin de m’apprendre le skate. Il est vrai que j’étais… pas mal du tout comme ça et que ça ne me déplaisait pas. Je le serais bien resté ainsi si ça ne s’était pas passé ça ! J’explique. Je me suis ramené voir le magnifique blond, au skate parc, après avoir fait une quinzaine de leçons avec plusieurs abrutis de ma classe. J’ai fait comme si je ne le voyais pas, j’ai skaté skaté, skaté mais apparemment lui aussi faisait comme si il ne me voyait pas…Miséricorde ! Le mauvais sort me suit ! Au lieu de ça, une foule d’abruti m’entourait, mais moi, c’était lui que je voulais, pas eux ! J’avoue qu’à cette époque de ma vie, et à ce style précis, j’étais vraiment prétentieuse. Je savais que je plaisais et je mettais la barre haut, très haut. Comme une gamine qui veut CE jouet et PAS un autre. Ce blond devint une obsession, jusqu’au jour où, j’ai vu quelque chose qui m’a horrifiée.

En le suivant après avoir skaté, skaté et skaté,  je le vis tourner au coin de la rue. Il sonna à une porte (je m’en souviendrais toute ma vie), un bel homme en sorti et il l’embrassa ! O_O. Non, je n’y croyais pas ! Cet apollon était GAY ! Comment ai-je pu, COMMENT ? C’est alors qu’il y eu un déclic, un énorme déclic, Je faisais tout ça pour rien. Aucun garçon ne l’égalait. Et c’était peine perdue…Tout ce que je faisais c’était pour rien, strictement rien, à part voir ces abrutis me coller aux basques, baver ou bien rigoler à chaque truc que je pouvait dire.

Pendant plusieurs semaines je suis tombée en dépression, je ne sortait pas de ma chambre, je ressemblait à un fantôme dans les couloirs du collège. Même le CPE avait convoqué mes parents pour savoir ce qui se passait et bien entendu, ils ont expliqué qu’ils ne comprenaient rien à moi, que je ne mangeait plus, qu’il fallait me faire interner, le discours habituel quoi ! En fait mes parents et moi, nous ne sommes pas si différents les uns des autres. Ce qui compte, C’est SAUVER LES APPARENCES ! Vous ne trouvez pas ?

 

A cet instant là, je me suis mis à fumer… Toutes sortes de drogues, n’importe quoi, mais surtout du cannabis. Certains trouvent refuge dans l’alcool, moi ça a été dans le reggae et la fumette. Je ne sauvais plus les apparences, je laissais tout venir et aller, comme les puces, les poux, les locks*. Je m’habillais avec ce qui passait et évidemment, les abrutis s’éloignèrent de moi. Là, je commençais à mal tourner. Je dormais en classe, fumait dans les toilettes, je voyais mes résultats faire une chute vertigineuse sans réagir. J’étais cool, j’étais sans souci. Je crois que si je n’avais pas eu de mauvais délires et mes parents sur le dos je serais restée comme ça.

 C’est, je crois, la seule fois où mes parents ont agi face à une de mes lubies. Ils avaient, en mon absence, vidé ma chambre, trouvé ma cachette à cannabis et tout jeté (mais je crois plutôt qu’ils ont tout revendu les malins, yen avait pour un sacré paquet). J’ai alors fumé tout ce qui me passait sous la main. Le soir, alors que je traînais avec mon ultime joint, j’ai croisé le skateur blond. Complètement shootée par la masse impressionnante de cannabis que je venais de fumer, je me suis jetée dans ses bras. Je ne m’en souviens pas, il me l’a raconté par la suite. Il m’a dit qu’il avait eu très peur, qu’il croyait que j’étais une clocharde. Et là, jvous dit pas, le mauvais délire s’est ramené. J’étais tétanisée, ne pouvant plus rien faire, complètement paranoïaque… Il m’a ramené chez lui, par pitié je suppose, alors que j’essayais de l’étrangler (le mauvais délire, pouvez pas comprendre…). Jamais je n’aurais cru que j’allais franchir la porte de ce sanctuaire  dont j’avais mille fois rêvé. J’aurais aimé être aussi belle que jamais, mais là, je ne ressemblais qu’à un déchet. Il m’a raconté qu’il m’a foutu dans la baignoire et qu’il avait mis l’eau froide à fond ! Et que là j’ m’étais calmée. Je me suis retrouvé le matin, dans un pyjama trop grand pour moi les cheveux propres et peignés soigneusement. Douteux non ? Très douteux ! IL M’AVAIT VU TOUTE NUE ! Je crois qu’à cet instant j’avais virée au cramoisi ! Le beau skateur blond est arrivé en compagnie de son magnifique homme. Ah ! Deux apollons rien que pour moi ! Je devais être complètement rouge, j’ai cru que ma tête allait explosée. Ils m’ont demandé si j’allais bien, comment je m’appelais, quel âge j’avais et s’il pouvait contacter quelqu’un pour me récupérer. Ils furent foudroyés par mon âge. QUATORZE ANS ! Et les questions très maternelles fusèrent du genre : «  qu’est ce que tu faisais dans la rue à cette heure ci ? Tes parents savent que tu fumes ? »etc. J’ai alors répondu à chacune des questions calmement et ils m’expliquèrent tout eux aussi. Il était 11heures du matin. Ils me racontèrent comment il m’avait trouvé et qu’une de leurs amies avait pris soin de moi… Oh nooon, quel dommage. Il ne s’intéresse définitivement pas aux filles mais c’est un gentleman ! Ils furent très gentils avec moi et m’aidèrent à aller voir mes parents en me faisant promettre de ne plus jamais fumer, toute mignonne que j’étais. J’ai dès lors gardé le contact et je le garde toujours. Le skateur s’appelle David et son homme Marc. Je ne les oublierais jamais, grâce à eux j’ai pu remonter la pente. Je leur en serais toujours reconnaissante, toute ma vie ! Et pour eux, je suis la clocharde, pour rire, mais surtout pour ne pas oublier que j’avais touché le fond éviter de recommencer.

J’ai alors découvert Marc. Non, non, je ne suis pas tombée amoureuse de lui, je me suis IDENTIFIEE à lui. J’admirais profondément sa grande classe et son style hors norme. Je comprends pourquoi ses deux là se sont trouvés. Il avait un style un peu emprunté aux émos avec un mélange de je ne sais quoi, un truc qui vous fait vous retourner dans la rue pour reluquer son petit cul ! J’avais 14 ans et trois quart.

Emo, c’est ce que je voulais être. Nouvelle lubie ! Mes parents, désespérés avaient néanmoins commencés à comprendre mon problème (oui j’avais un gros problème) et m’accordait tout ce que je voulais pour être coquette tant que je ne retombais pas dans le cercle vicieux de la drogue et du laisser-aller. J’ai alors redoublé ma troisième. Cela n’était pas extrêmement dramatique, j’étais un peu en avance. Dès le début d’année ma moyenne côtoyait le 20 et les profs n’attendirent pas la fin de l’année pour que j’aille en seconde. La difficulté fut nulle. Toujours évidemment sans amies, je partageait toujours mon temps entre les devoirs et le lycée. Mais sans oublier Marc et David ! Surtout David, en Terminale ! ça n’arrangea pas mes relations avec les filles de ma classe, les jalouses ! Elles ne devaient pas savoir qu’il était gay, mais bon. Je ne lâchais pas mon style emo. Non ! Cependant, il y a eu quelque chose en plus ! Marc et David évidemment, ce fut les périodes les plus heureuses de ma vie, je crois, pour l’instant. Tous les soirs, au lieu de courir à mes devoirs, je passais chez Marc en compagnie de son amant et nous discutions mode, shopping, skate. J’étais à fond dans le style et j’avais des amis. On prenait des photos de nous, et nous étions devenu le couple mannequin émo le plus populaire de France ! Malheureusement, la mode me rattrapa, et bientôt, tout le monde au lycée s’habillait comme moi. HORREUR ! Je hais ces filles qui me détestent aussi mais qui osent s’habiller pareil que moi ! Elles étaient mes fans, et me jalousaient. C’était embarrassant, très vraiment. J’avais 15 et demi.

Et l‘amour vint, une fois de plus frapper à ma porte. Marc et David étant parti afin de continuer leurs études ensemble je me retrouvais seule, mais pas tout à fait, j’avais quelqu’un à aimer…

Une fille… Là, mes parents ne se doutaient de rien. Le jour où je leur présenta cette jeune et charmante connaissance avec qui j’avais une relation intime et plus, mes parents ont fait comme s’ils n’entendaient rien, mais… je voyais les cheveux de mon père tombés un à un et le regard horrifié de ma mère.

 

Ils me firent suivre une thérapie. J’avais 16 ans.

 

Aujourd’hui, je regarde ces époques avec nostalgie et rires et quand je vois toutes ces filles qui se croient différentes, je me dit, non, on est tous pareils mes jolies, on se cherche et on ne se trouvent pas toujours. Je me suis trouvée, heureusement. Et grâce à mes parents, je leur en suis reconnaissante. Cette thérapie et le soutien de mes parents m’ont énormément aidé.

Je suis normale et pourtant bien différente, parce que ce qui nous différencie les uns des autres, c’est ce qu’il y a à l’intérieur, et ça je ne l’ai compris que trop tard. J’ai maintenant 18 ans, je suis stable et normale, j’ai eu mon bac sans problème et je file le parfait amour avec mon merveilleux copain, blond et magnifiquement normal.

 

FIN.

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L'élève Tornouet - Chapitre 1  (L'élève Tornouet) posté le samedi 27 septembre 2008 02:45

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CHAPITRE 1

 

« Tornouet, que pensez vous donc des actions élaborées par des organisations terroristes à l’encontre des pays du Nord ? »

 

Le professeur, lui sourit d’un air mesquin. Les professeurs sont toujours du côté des bons élèves, c’est connu, mais jamais du côté de l’élève Tornouet. Le pauvre garçon, sujet aux rires et moqueries il ne ratait jamais un jour d’école, supplice ou pas. C’était un bon élève, et même un excellent élève mais étrangement, il nourrissait des sentiments peu communs à l’égard des professeurs. Il s’exprimait de façon châtiée, portait toujours des tenues impeccables. On aurait pu croire qu’il avait le look d’un « intello », ou d’un «  keeno » comme certains s’amusaient à le surnommer. Mais pas du tout, bien au contraire, il ne portait point de lunettes et ses vêtements sortaient toujours de la dernière collection d’un magasin très côté chez la jeunesse dorée.  Il n’avait rien de répugnant, rien de suspect. Il était tout ce qu’il y a de plus normal hormis sa richesse de vocabulaire, d’esprit et de patrimoine familial. En effet, il n’était pas né dans n’importe quelle famille. C’était un aristo, certes, mais il ne le montrait pas et sous aucun prétexte ne s’en vantait, ce qui aurait normalement provoqué la jalousie des autres. Il était même inscrit sans le traditionnel «  de la … » des nobles. Bizarrement, cette jalousie il se l’attirait tout seul, sans rien faire, sans rien laisser paraître, juste comme ça. C’était vraiment trop étrange. Il était plutôt beau mais aucune fille ne s’intéressait à lui, même les pires cruches qui puissent exister. De toute façon il s’en fichait.

 

Ce qu’il ne supportait pas, c’était s’exprimer devant tout le monde, car il savait qu’il allait encore s’attirer les moqueries. Il ne bégayait pas. De toute façon quoiqu’il dise, le professeur lui rira au nez et les autres élèves aussi, alors autant s’exprimer clairement et rester fier.

 

« C’est une ignominie » déclara t’il calmement.

 

Le silence qui pesait sur la classe fondit immédiatement en un rire collectif et méchant. L’élève Tornouet ne le comprenait pas ce rire. Qu’y a-t-il de si drôle à penser quelque chose de juste envers ses actions si répugnantes à ses yeux ? Certes, ils pouvaient bien rire si ils le voulaient, De la Tornouet s’en fichait, si je puis dire, « royalement ». Puis les moqueries fusèrent du genre «  Hé, t’sais pas parler normalement bô ? » ou bien «  ‘Gad le truc ! inomachin, qu’est c’qui bave c’lui la ? » Suivi de rire. Mais là, quelque chose déplu fortement à Tornouet, et cette chose, c’était que l’on se moque de sa famille ou de son nom. Un jeune homme de sa classe dont il ne connaissait même pas le nom riait d’un rire gras et lui lança :

 

«  Bah alors, Ta mère pète dans la soie alors tu baragouines n’importe quoi ? ‘Culé de Torchecul !  »

 

Tout le monde se tut. Tornouet, rouge de colère se leva d’un bond, se dirigea vers le fond de la classe et renversa la table de son camarade. Jamais une telle folie ne l’avait envahit à ce jour. Il répliqua avec haine :

 

«  Je ne te permet pas de te moquer de ma famille. Je parle français moi, ça te dérange ?

Espèce de crétin, tu ne sais même pas aligner deux mots sur ta copie alors cette horrible chose qui te sers de bouche, tu ferais mieux de la garder fermé. Abruti fini. »

 

 

 

Première fois que sa classe l’entendait parler avec tant de hargne. Il n’avait pas été grossier, ni  menaçant mais ils furent tous bouche bée devant cette personne qui, si correctement et poliment avait fermé le clapet de cet énergumène. Le regard haineux et la démarche excédée, il se dirigea vers son bureau, s’assit. Le professeur, tout aussi impressionné que les élèves ne pipa mot et la cloche sonna. De la Tornouet rangea ses affaires avec discipline et sortit le premier bien avant que le professeur n’ait le temps de donner les cours pour le lendemain.

Pour dire vrai, l’élève Tornouet avait un prénom. Même si seule sa famille le nommait ainsi par son prénom, il est vrai qu’il l’entendait rarement chez lui tout de même.Théodore, prénom plutôt rare chez les aristos !

 

Il rentrait chez lui à pieds tout les soirs, et, sur le chemin du retour, il repensa à cette altercation qui avait eu lieu en classe. Il eut tout à coups honte, honte d’avoir explosé ainsi et d’avoir montrer sa fureur. Il se remémora ses paroles et se trouva grossier, bien qu’il fut tout de même bien plus respectueux que n’importe qui insultant quelqu’un d’autre ne put l’être.

 

C’était la première fois que le contrôle de lui-même lui échappait et qu’il laissait ainsi tout exploser sans se soucier du professeur et des autres élèves. Cet incident, car ce fut pour lui un terrible incident, il le garderait pour lui, comme pour toutes les humiliations ou moqueries que les gens peuvent lui proférer. Il ne dirait rien non, à personne comme d’habitude. Il avait apprit la solitude comme tout le monde, seul. Il n’avait ni frère ni sœur et ainsi tout l’héritage de ses parents et de sa famille entière reposait sur ses épaules. Pour se rassurer du vide amical qui l’entourait, il pensait à l’avenir. Oui, il n’était pas horrible, même plutôt beau (et il souriait intérieurement à cette pensée, se moquant de cette modestie ironique), il était riche, intelligent, poli… Que demander de plus ? Il n’avait pas eu d’adolescence difficile, pas d’acné, pas  de conflits avec ses parents, mais surtout, à son grand désespoir, pas d’amis …

Tout le reste n’était pour lui que futilité, il avait changé trois fois d’établissement en deux ans, à la demande de ses parents. Il se trouvait pourtant dans un de ses lycées huppés de nouveaux riches aux enfants mal élevés par le laisser allé de la population entière. Oui il désespérait, pas de copine, pas d’amis, il se disait parfois que, même si on s’intéresserait à lui pour son argent il serait content, et par la suite, il se disait qu’il était stupide car il vaut mieux être seul que mal accompagné. Il était alors né en lui un égo si énorme, à force de se consoler en se disant qu’ils ne méritaient pas sa gracieuse compagnie, il se rendit compte qu’il devenait prétentieux, alors, il désespéra encore plus qu’avant.

 

Toujours dans son trajet intérieur et de la maison, il se mit à penser que si il parlait comme eux, qu’il se fondait dans la société, peut être qu’il se ferait bien plus accepter que maintenant. Ça ne POUVAIT pas être pire de toutes les manières qui soient. Il prit alors une grande résolution ! En rentrant chez lui il essaya d’utiliser toute les expressions malsaines et horribles qu’il avait entendu de la bouche de ses camarades à bon escient et au bon moment. Il s’entraina ainsi à dire «  hey, t’fais quoi de hype* bô ? » ou bien «  Ceb ceb, tranquille mais, t’es pas v’nu en scoot bô ? ». Il avait toute la bonne volonté du monde, mais l’accent n’y était pas encore, pour lui, le ton était encore un peu trop… forcé.

 

Le lendemain, il revint a l’école, « gonflé à bloc ».La veille, il avait visité des blogs sur internet afin de s’imprégner au maximum du dialecte, qu’on ne peux pour rien au monde appelé «  français ». Il avait failli vomir en voyant ces choses, tout comme «  ier, alé a la pissine, tro cool koi, avc ma sista sa gèr, ct tro tro tro bi1 , jtm 444 ». D’ailleurs, certains sigles lui avaient échappés, ne sachant comment les « traduire ».

Il arriva donc au lycée, passa devant « l’abruti fini » comme il l’avait si bien dit hier qui lui en voulait « à mort ». Il fit comme si de rien n’était, et s’assit à son bureau calmement, sûr de lui et de ses connaissances acquises la veille.

 

A SUIVRE.

 .

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L'élève Tornouet - Chapitre 2  (L'élève Tornouet) posté le jeudi 13 novembre 2008 02:48

Ndt : « Bô » ? vous n’avez pas ça en France ? Et bien…

c’est l’équivalent de mec, ils mettent ça a toute les phrases,

personnellement je trouve ça ridicule ! Et merci pour

ton soutien chacha ! u_u

. 

CHAPITRE 2

 

Je sais ce que je dois faire, je dois juste répéter… REPETER ! pas difficile, non ?  Je me suis documenter sur le sujet, il n’y a pas de raisons pour que je n’y arrive guère… RAAAH, mais je ne fais aucun progrès, c’est PATHETIQUE, non, non… C’est nul, oui euh OUAIS c’est cela… allez courage, fais toi accepter.

 

C’est ce qui tournait et retournait dans la tête de Théodore sans relâche ni répit. Il avait beau se dire qu’il n’avait besoin de personne, qu’il valait mieux être seul que mal accompagné, l’évènement de la veille l’avait fait réfléchir. Il était persécuté par ses camarades. C’était clair et net, il DEVAIT se faire accepter. Il avait lu sans grande convictions les récits passionnants d’ados boutonneux, amoureux, ou perdus avec leurs expressions et leur jargon. Il faut être vulgaire pour se faire accepter… Certes, il le deviendrait. Trop fier pour devenir le souffre douleur, me laisserais pas faire !

Cours de français… pour changer. Devant la porte, dois-je rentrer ou ne dois-je pas ? Toute la classe était planté devant la porte, la sonnerie avait déjà retenti depuis plusieurs minutes et le professeur restait patiemment dans l’encolure de la porte a regarder les retardataires passer. Théo, ainsi c’était il dit qu’il se prénommerait, pour faire plus « cool » , se demandait s’il devait ou non rentrer dans la classe. Le prof le disputerait s’il arrivait en retard. Mais les autres ? Comment faisaient-ils eux ? Il resta donc en retrait afin de rentrer en dernier dans la salle de classe. Le « prof » fut surpris de le voir entrer en dernier. Le petit Tornouet, si ponctuel d’habitude. Il ne manqua pas de le charrier sur ce point.

 

«  Et bien très cher ? Comment dîtes-vous être en retard dans votre parler si châtié ? »

 

Que faire ? Répondre poliment ? Ignorer ? « Renvoyer balader » ?

Il opta pour la solution  « renvoyer balader », à la consonance vulgaire.

 

«  Fais pas chier »

Le Torchecul se révolte ? La classe faisait les yeux rond et le prof restait sans voix, sidéré par ce manque de politesse de la part de cet élève si coincé par des protocoles et des traditions de snobinards. Etonnant ! Le prof ne disait plus rien. La classe non plus d’ailleurs, tout le monde était sidéré. Théodore resta planté devant le prof. Ce n’est peut être pas la bonne chose a fait dans ces conditions. Il décida donc de se diriger vers une chaise libre du fond entre Jo le redoublant qui bouffe tout ce qu’il voit et Eliane dite Casper tant elle était présente en cours (sa présence d’ailleurs était étonnante elle aussi mais Tornouet monopolisait l’attention).Il n’oublia pas de se tenir bossu, de regarder ses pieds, de porter son sac d’une façon qu’il qualifiait autrefois de nonchalante.

Arrivé devant son bureau, il ne sut comment s’asseoir, il regarda autour de lui… Tout les regards qui étaient pointés sur lui se détournèrent aussitôt pour ne pas croisé le sien, meurtrier et insolent. Il ne s’en rendit pas compte et fit racler sa chaise dans un vacarme assourdissant. Le prof l’ignora platement, tout comme lui. Théo tomba sur sa chaise avec le plus grand des mépris. Il était fier de lui. Le prof l’aurait encore charié mais il n’en fit rien. Je m’améliore de seconde en seconde, bientôt j’aurais des amis !Je ne serais plus cet espèce de bête de foire qui les faisaient tant rire… ou plutôt marrer. Il se tenait mal et laissait son sac sur le bureau, sans prendre la peine de sortir ses affaires. Ah si quand même, il s’accorda le luxe de sortir sa trousse et une feuille, au cas où.

« Hey ! pssst, a côté ! »

Tornouet tourna la tête. Sa voisine la championne des absences de sa classe lui parlait.

«  Ouais, toi, tu t’appelles comment ? »

Aïe, le test fatal. S’exprimer. La chose la plus complexe qui existe en ce bas monde. S’exprimer dans leur langue, sans accent et sans avoir l’air ridicule. Sinon, son magnifique surnom sera réintégré au sein de la classe : Torchecul. Il répondit avec calme essayant de dissimuler sa difficulté avec laquelle il avait à parler ce dialecte. Il se croyait dans un autre pays à dire vrai. Il fallait qu’il pense non-cha-lance, nonchalance, NONCHALANCE.

« Théo, et toi ? répondit il à son grand étonnement avec le plus naturel des tons.

-Eliane, mais bon, tout le monde m’appelle Casper ! t’es nouveau ?

- A dire vrai…

- Hein ? »

ZUT, il avait fauté, il fallait rattrapé ça !

«   Bah non, chuis pas nouveau ! et toi ? j’t’ai jamais vu !

- A mais oui ! Je vois qui t’es, Torchec…non Théo !! oui ! s’étonna-t-elle.

- Ouais… ça m’fais chier qu’les gens ils m’appellent comme ça.

- T’as raison c’est bizarre. T’es normal pourtant.

- C’est ptet parc’que t’es pas souvent la qu’tu sais pas…

-Bah ! En tout les cas, j’te trouve vachement sympa et ils ont pas raison les autres de t’emmerder, de toute façon, t’es plus fort qu’eux, pourquoi tu leur casses pas la gueule a ces vantards ? »

Mince, je n’ai pas tout compris ! Comment je fais. C’est quoi ça « vantards » ? « Casser la gueule », je crois que j’ai vu ça dans un film, les méchants on frappé le gentil ! Quoi ? elle veut que je frappe quelqu’un ?

«  Je suis contre la violence »

Elle lui lança un regard de surprise et d’interrogation.

«  Ah bon ? Pourtant t’aleur, on a tous cru qu’t’allais tabasser tout l’monde ! 

-Ah… »fit il sans trop comprendre ce qu’elle venait de lui dire.

 

La conversation s’arrêta là. Le prof ( ça y était, Théo s’était fait à ce mot, le « prof ») débitait toutes sortes de chose sur un écrivain très renommé, mais on ne sut jamais lequel, il oublia de mentionner son nom, ou alors, on oublia de l’écouter. C’était comme ça alors les cours ? Théo vit tout ce qu’il ne voyait pas d’habitude. Les boulettes de papiers, les mots qui circulent, les gens qui mangent, ceux qui boivent, les autres qui écoutent la musique, les élèves qui dessinent, ceux qui dorment ou qui taguent leurs tables affalés tels des macaques ne sachant pas se tenir assis. Il vit aussi les oiseaux à la fenêtre, les chewing gum déposés illégalement sous les tables par ces camarades. Le prof qui se curait le nez en parlant de son écrivain mystère, puis les oreilles, pour qu’enfin il finisse par se ronger les ongles de cette même main très active… Ce prof était dégoutant. Tout ça il ne le voyait pas, tout ce qu’il retenait son attention avant c’était sa copie, sa chère et tendre copie où il notait tout avec tous les détails qu’il pouvait attraper au vol. C’était… fascinant. Il n’aurait jamais imaginé que la classe pouvait être dans une telle effervescence dans le cours habituellement soporifique de français. « C’est fascinant mais en même temps si… je ne saurais décrire cette impression que j’ai. » Théo se sentait comme un chercheur observant analysant et interprétant des phénomènes inconnus qu’il scrute et décrit dans le moindre détail. Il se sentait toute chose. Il avait l’impression d’être un éminent chercheur qui découvrait quelque chose d’extraordinaire, d’invraisemblable et qui tentait de le décrypter.

Les deux heures de français passèrent à une vitesse quasi lumière tant il était absorbé par ces…humains.

 

A SUIVRE.

 

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