Mon style, ma vie.  (Nouvelles) posté le jeudi 28 août 2008 11:15

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Mon style, ma vie.

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J’ai toujours admiré les gens qui ont des styles

aussi distincts ! oui, c’est vraiment génial de se démarquer, d’être différent !

J’ai essayé tous les styles, tous. J’ai essayé toutes les tendances mais jamais au grand jamais je ne me suis sentie différente des autres. Pourquoi ? Parce que ça n’a jamais été moi, je ne suis pas originale. Je suis juste une bonne élève, complètement sans ami(e)s, sans vie sociale qui partage ses journées comme elle le peut, alternant devoirs et lycée. Ça peut paraître bizarre…

 

Lesbienne, gothique, emo, skateuse, kaneka, j’ai cherché ma personnalité partout au grand dam de mes parents qui trouvaient cela aberrant et complètement inutile.

 

Je ne vous raconte pas ma période gothique…

Toujours tout en noir, j’avais teint tous mes vêtements de la même couleur ! Je crois que c’est le premier courant que j’ai suivi. Ma mère était complètement horrifiée. Elle disait que je me «  peinturlurait le visage comme à un bal costumé ». Non mais oh ! Maman, c’est le style, et puis de toute façon t’y comprends rien ! Réaction normale non ? Pour une ado du moins. J’avais 13 ans. Du rouge à lèvres sang aux yeux masqués par le crayon noir, les cheveux gras et des faux piercings de partout, je faisais vraiment peur. Avec mes économies, j’avais même réussi à m’acheter 2 boites de lentilles blanches si bien que lorsque je les avais, on ne voyait pas mes pupilles. Effrayant n’est ce pas ? C’est d’ailleurs ce qui avait valu une attaque au proviseur qui m’avait interpellée pour une tenue qui n’était pas adéquate pour aller en cours ! Après cette frayeur, je fus tranquille toutes les autres années. Pratique non ? Cette tenue m’a value le nom de «  monstre ». Bah, vous me direz, c’est mieux que «  La chose » comme une certaine fille dans ma classe. J’m’étais même fait un vrai piercing à la lèvre ! Le tatoueur n’avait même pas remarqué que j’étais mineure. Cette fois ci, mon père a piqué sa crise. J’étais complètement amorphe à ses cris d’insultes. C’est ça l’attitude. Être mou et stone. Il avait même jeté toutes mes affaires par la fenêtre en criant que sa fille était complètement folle, qu’il se demandait comment il avait pu procréer un monstre pareil. Bref, ça m’a fait mal, mais après, parce qu’il FALLAIT que je garde l’attitude.

Plusieurs fois dans la rue, les gens détournaient les yeux, et je retrouvait mes semblables sur des sites internet glauques où l’on causait suicide, mutilation ou bien films d’horreurs.

Me mutilé pour l’attitude ? Non, faut pas pousser non plus ! Même si ça m’a pas mal tenté, surtout après les répliques cinglantes de mon père…mais je suis trop peureuse pour ça.

 

Après j’ai changé. Pourquoi ? Je suis tombée amoureuse. Ah quel piètre sentiment que l’amour, surtout adolescent ! On se croit amoureux, mais on ne l’est pas, on a envie de lui et puis en fait non. Je l’ai croisé dans la rue. Un magnifique skateur blond. Ah qu’il était beau ! Il ne m’a pas décoché un regard même de dégoût que j’ai habituellement, alors ce soir là, je n’ai pensé qu’à lui, sa casquette et ses cheveux bond.

Le samedi d’après, mes fringues noires ont atterries dans la poubelle, à la grande joie de mes parents ! Mes lentilles restantes, revendues sur le marché noir, le maquillage jeté et les cheveux teints en châtain. Pas blond non ! J’avais vu un film de skateur, et la fille était toujours châtain clair alors voila. Avec l’argent des lentilles (que j’avoue avoir vendu à un prix exorbitant) j’ai pu refaire entièrement ma garde robe, mon maquillage et le coiffeur ( je les aies vendu très très chères, heureusement qu’il n’y en avait plus sur le marché !) j’ai du garder mon piercing, mais j’avais vu ( sur Internet) une skateuse qui en avait un. Mais j’avais complètement oublié un détail, la planche à roulettes ! Ou non, pardon, le skate bô ! Oui le langage c’est ce qui choque au premier abord alors il fallait que je sois parfaite, absolument parfaite. J’avais 14 ans.

Après quelques courtes recherches, je l’ai retrouvé, ce beau blond. Mais j’avais ENCORE oublié un détail, c’est bien beau d’avoir le look, la coiffure, l’attitude, la façon de parler, on ne s’appelle pas skateur si on ne sait pas skater ! Où est ce que je pouvais apprendre ? Dans ma classe, tous avaient changés de comportements face à ma  « transformation ». Même au conseil de classe, les professeurs m’ont mis les félicitations, alors que d’habitude, mes 18 de moyenne restaient sans réponses. Je crois qu’ils ont appréciés cette métamorphose radicale ! Enfin bref, contre toute attente, les garçons de ma classe se jetèrent à mes pieds afin de m’apprendre le skate. Il est vrai que j’étais… pas mal du tout comme ça et que ça ne me déplaisait pas. Je le serais bien resté ainsi si ça ne s’était pas passé ça ! J’explique. Je me suis ramené voir le magnifique blond, au skate parc, après avoir fait une quinzaine de leçons avec plusieurs abrutis de ma classe. J’ai fait comme si je ne le voyais pas, j’ai skaté skaté, skaté mais apparemment lui aussi faisait comme si il ne me voyait pas…Miséricorde ! Le mauvais sort me suit ! Au lieu de ça, une foule d’abruti m’entourait, mais moi, c’était lui que je voulais, pas eux ! J’avoue qu’à cette époque de ma vie, et à ce style précis, j’étais vraiment prétentieuse. Je savais que je plaisais et je mettais la barre haut, très haut. Comme une gamine qui veut CE jouet et PAS un autre. Ce blond devint une obsession, jusqu’au jour où, j’ai vu quelque chose qui m’a horrifiée.

En le suivant après avoir skaté, skaté et skaté,  je le vis tourner au coin de la rue. Il sonna à une porte (je m’en souviendrais toute ma vie), un bel homme en sorti et il l’embrassa ! O_O. Non, je n’y croyais pas ! Cet apollon était GAY ! Comment ai-je pu, COMMENT ? C’est alors qu’il y eu un déclic, un énorme déclic, Je faisais tout ça pour rien. Aucun garçon ne l’égalait. Et c’était peine perdue…Tout ce que je faisais c’était pour rien, strictement rien, à part voir ces abrutis me coller aux basques, baver ou bien rigoler à chaque truc que je pouvait dire.

Pendant plusieurs semaines je suis tombée en dépression, je ne sortait pas de ma chambre, je ressemblait à un fantôme dans les couloirs du collège. Même le CPE avait convoqué mes parents pour savoir ce qui se passait et bien entendu, ils ont expliqué qu’ils ne comprenaient rien à moi, que je ne mangeait plus, qu’il fallait me faire interner, le discours habituel quoi ! En fait mes parents et moi, nous ne sommes pas si différents les uns des autres. Ce qui compte, C’est SAUVER LES APPARENCES ! Vous ne trouvez pas ?

 

A cet instant là, je me suis mis à fumer… Toutes sortes de drogues, n’importe quoi, mais surtout du cannabis. Certains trouvent refuge dans l’alcool, moi ça a été dans le reggae et la fumette. Je ne sauvais plus les apparences, je laissais tout venir et aller, comme les puces, les poux, les locks*. Je m’habillais avec ce qui passait et évidemment, les abrutis s’éloignèrent de moi. Là, je commençais à mal tourner. Je dormais en classe, fumait dans les toilettes, je voyais mes résultats faire une chute vertigineuse sans réagir. J’étais cool, j’étais sans souci. Je crois que si je n’avais pas eu de mauvais délires et mes parents sur le dos je serais restée comme ça.

 C’est, je crois, la seule fois où mes parents ont agi face à une de mes lubies. Ils avaient, en mon absence, vidé ma chambre, trouvé ma cachette à cannabis et tout jeté (mais je crois plutôt qu’ils ont tout revendu les malins, yen avait pour un sacré paquet). J’ai alors fumé tout ce qui me passait sous la main. Le soir, alors que je traînais avec mon ultime joint, j’ai croisé le skateur blond. Complètement shootée par la masse impressionnante de cannabis que je venais de fumer, je me suis jetée dans ses bras. Je ne m’en souviens pas, il me l’a raconté par la suite. Il m’a dit qu’il avait eu très peur, qu’il croyait que j’étais une clocharde. Et là, jvous dit pas, le mauvais délire s’est ramené. J’étais tétanisée, ne pouvant plus rien faire, complètement paranoïaque… Il m’a ramené chez lui, par pitié je suppose, alors que j’essayais de l’étrangler (le mauvais délire, pouvez pas comprendre…). Jamais je n’aurais cru que j’allais franchir la porte de ce sanctuaire  dont j’avais mille fois rêvé. J’aurais aimé être aussi belle que jamais, mais là, je ne ressemblais qu’à un déchet. Il m’a raconté qu’il m’a foutu dans la baignoire et qu’il avait mis l’eau froide à fond ! Et que là j’ m’étais calmée. Je me suis retrouvé le matin, dans un pyjama trop grand pour moi les cheveux propres et peignés soigneusement. Douteux non ? Très douteux ! IL M’AVAIT VU TOUTE NUE ! Je crois qu’à cet instant j’avais virée au cramoisi ! Le beau skateur blond est arrivé en compagnie de son magnifique homme. Ah ! Deux apollons rien que pour moi ! Je devais être complètement rouge, j’ai cru que ma tête allait explosée. Ils m’ont demandé si j’allais bien, comment je m’appelais, quel âge j’avais et s’il pouvait contacter quelqu’un pour me récupérer. Ils furent foudroyés par mon âge. QUATORZE ANS ! Et les questions très maternelles fusèrent du genre : «  qu’est ce que tu faisais dans la rue à cette heure ci ? Tes parents savent que tu fumes ? »etc. J’ai alors répondu à chacune des questions calmement et ils m’expliquèrent tout eux aussi. Il était 11heures du matin. Ils me racontèrent comment il m’avait trouvé et qu’une de leurs amies avait pris soin de moi… Oh nooon, quel dommage. Il ne s’intéresse définitivement pas aux filles mais c’est un gentleman ! Ils furent très gentils avec moi et m’aidèrent à aller voir mes parents en me faisant promettre de ne plus jamais fumer, toute mignonne que j’étais. J’ai dès lors gardé le contact et je le garde toujours. Le skateur s’appelle David et son homme Marc. Je ne les oublierais jamais, grâce à eux j’ai pu remonter la pente. Je leur en serais toujours reconnaissante, toute ma vie ! Et pour eux, je suis la clocharde, pour rire, mais surtout pour ne pas oublier que j’avais touché le fond éviter de recommencer.

J’ai alors découvert Marc. Non, non, je ne suis pas tombée amoureuse de lui, je me suis IDENTIFIEE à lui. J’admirais profondément sa grande classe et son style hors norme. Je comprends pourquoi ses deux là se sont trouvés. Il avait un style un peu emprunté aux émos avec un mélange de je ne sais quoi, un truc qui vous fait vous retourner dans la rue pour reluquer son petit cul ! J’avais 14 ans et trois quart.

Emo, c’est ce que je voulais être. Nouvelle lubie ! Mes parents, désespérés avaient néanmoins commencés à comprendre mon problème (oui j’avais un gros problème) et m’accordait tout ce que je voulais pour être coquette tant que je ne retombais pas dans le cercle vicieux de la drogue et du laisser-aller. J’ai alors redoublé ma troisième. Cela n’était pas extrêmement dramatique, j’étais un peu en avance. Dès le début d’année ma moyenne côtoyait le 20 et les profs n’attendirent pas la fin de l’année pour que j’aille en seconde. La difficulté fut nulle. Toujours évidemment sans amies, je partageait toujours mon temps entre les devoirs et le lycée. Mais sans oublier Marc et David ! Surtout David, en Terminale ! ça n’arrangea pas mes relations avec les filles de ma classe, les jalouses ! Elles ne devaient pas savoir qu’il était gay, mais bon. Je ne lâchais pas mon style emo. Non ! Cependant, il y a eu quelque chose en plus ! Marc et David évidemment, ce fut les périodes les plus heureuses de ma vie, je crois, pour l’instant. Tous les soirs, au lieu de courir à mes devoirs, je passais chez Marc en compagnie de son amant et nous discutions mode, shopping, skate. J’étais à fond dans le style et j’avais des amis. On prenait des photos de nous, et nous étions devenu le couple mannequin émo le plus populaire de France ! Malheureusement, la mode me rattrapa, et bientôt, tout le monde au lycée s’habillait comme moi. HORREUR ! Je hais ces filles qui me détestent aussi mais qui osent s’habiller pareil que moi ! Elles étaient mes fans, et me jalousaient. C’était embarrassant, très vraiment. J’avais 15 et demi.

Et l‘amour vint, une fois de plus frapper à ma porte. Marc et David étant parti afin de continuer leurs études ensemble je me retrouvais seule, mais pas tout à fait, j’avais quelqu’un à aimer…

Une fille… Là, mes parents ne se doutaient de rien. Le jour où je leur présenta cette jeune et charmante connaissance avec qui j’avais une relation intime et plus, mes parents ont fait comme s’ils n’entendaient rien, mais… je voyais les cheveux de mon père tombés un à un et le regard horrifié de ma mère.

 

Ils me firent suivre une thérapie. J’avais 16 ans.

 

Aujourd’hui, je regarde ces époques avec nostalgie et rires et quand je vois toutes ces filles qui se croient différentes, je me dit, non, on est tous pareils mes jolies, on se cherche et on ne se trouvent pas toujours. Je me suis trouvée, heureusement. Et grâce à mes parents, je leur en suis reconnaissante. Cette thérapie et le soutien de mes parents m’ont énormément aidé.

Je suis normale et pourtant bien différente, parce que ce qui nous différencie les uns des autres, c’est ce qu’il y a à l’intérieur, et ça je ne l’ai compris que trop tard. J’ai maintenant 18 ans, je suis stable et normale, j’ai eu mon bac sans problème et je file le parfait amour avec mon merveilleux copain, blond et magnifiquement normal.

 

FIN.

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4 commentaire(s)

  • Ludo

    dim 17 mai 2009 18:15

    Ouf . Je me reconnais totalement dans ton texte, j'ai suivi exactement les même tendances, enfin pas dans le même ordre. Franchement émouvant je trouve =). Bonne continuation à toi.
    Ludo

  • Mouche-x-6

    mer 14 jan 2009 18:37

    je me demande ce que les gens se disent après avoir lu sa ...moi perso je me dit "tous sa pour sa ?!" ou plus un truc du genre "je suis sur le cul la " non sans dec ...xD enfin bref ...j'aime beaucoup ta façons d'ecrire meme si j'ai pas trops compri qui ecrivez ....xD oui je suis pas trop trop douée..et quoi qu'il en soit je vais continuer de lire car j'en ei envie et c'est rare pour moi d'avoir envie de lire une histoire sans image ( je serai une enfant toute ma vie ...xD ) enfin bref J'ADOR ....DIOR ....gniark gniark GNIARK !!!

  • Léonie

    mer 14 jan 2009 18:33

    Alors vraiement, j'adore !!
    ce que tu écris est tout à fait juste.Le style dans la vie des ados est importantissime c'est bien connu, même si moi je refuse de m'y lancer corps et âmes, un, car je ne veux pas m'enfermer dans l'un d'eux parce que ça m'oblige à me fermer des portes à des styles de vêtements que j'aime, et de deux je déteste le shopping et l'idée de devoir refaire toute ma garde robe me fatigue d'avance ^^
    Bon là je raconte ma vie, breffons...
    c'est génial !!!

  • chacha

    mer 01 oct 2008 14:22

    franchement j'adore tes histoires !!!!!


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