Ndt : « Bô » ? vous n’avez pas ça en France ? Et bien…
c’est l’équivalent de mec, ils mettent ça a toute les phrases,
personnellement je trouve ça ridicule ! Et merci pour
ton soutien chacha !
u_u
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CHAPITRE 2
Je sais ce que je dois faire, je dois juste répéter… REPETER ! pas difficile, non ? Je me suis documenter sur le sujet, il n’y a pas de raisons pour que je n’y arrive guère… RAAAH, mais je ne fais aucun progrès, c’est PATHETIQUE, non, non… C’est nul, oui euh OUAIS c’est cela… allez courage, fais toi accepter.
C’est ce qui tournait et retournait dans la tête de Théodore sans relâche ni répit. Il avait beau se dire qu’il n’avait besoin de personne, qu’il valait mieux être seul que mal accompagné, l’évènement de la veille l’avait fait réfléchir. Il était persécuté par ses camarades. C’était clair et net, il DEVAIT se faire accepter. Il avait lu sans grande convictions les récits passionnants d’ados boutonneux, amoureux, ou perdus avec leurs expressions et leur jargon. Il faut être vulgaire pour se faire accepter… Certes, il le deviendrait. Trop fier pour devenir le souffre douleur, me laisserais pas faire !
Cours de français… pour changer. Devant la porte, dois-je rentrer ou ne dois-je pas ? Toute la classe était planté devant la porte, la sonnerie avait déjà retenti depuis plusieurs minutes et le professeur restait patiemment dans l’encolure de la porte a regarder les retardataires passer. Théo, ainsi c’était il dit qu’il se prénommerait, pour faire plus « cool » , se demandait s’il devait ou non rentrer dans la classe. Le prof le disputerait s’il arrivait en retard. Mais les autres ? Comment faisaient-ils eux ? Il resta donc en retrait afin de rentrer en dernier dans la salle de classe. Le « prof » fut surpris de le voir entrer en dernier. Le petit Tornouet, si ponctuel d’habitude. Il ne manqua pas de le charrier sur ce point.
« Et bien très cher ? Comment dîtes-vous être en retard dans votre parler si châtié ? »
Que faire ? Répondre poliment ? Ignorer ? « Renvoyer balader » ?
Il opta pour la solution « renvoyer balader », à la consonance vulgaire.
« Fais pas chier »
Le Torchecul se révolte ? La classe faisait les yeux rond et le prof restait sans voix, sidéré par ce manque de politesse de la part de cet élève si coincé par des protocoles et des traditions de snobinards. Etonnant ! Le prof ne disait plus rien. La classe non plus d’ailleurs, tout le monde était sidéré. Théodore resta planté devant le prof. Ce n’est peut être pas la bonne chose a fait dans ces conditions. Il décida donc de se diriger vers une chaise libre du fond entre Jo le redoublant qui bouffe tout ce qu’il voit et Eliane dite Casper tant elle était présente en cours (sa présence d’ailleurs était étonnante elle aussi mais Tornouet monopolisait l’attention).Il n’oublia pas de se tenir bossu, de regarder ses pieds, de porter son sac d’une façon qu’il qualifiait autrefois de nonchalante.
Arrivé devant son bureau, il ne sut comment s’asseoir, il regarda autour de lui… Tout les regards qui étaient pointés sur lui se détournèrent aussitôt pour ne pas croisé le sien, meurtrier et insolent. Il ne s’en rendit pas compte et fit racler sa chaise dans un vacarme assourdissant. Le prof l’ignora platement, tout comme lui. Théo tomba sur sa chaise avec le plus grand des mépris. Il était fier de lui. Le prof l’aurait encore charié mais il n’en fit rien. Je m’améliore de seconde en seconde, bientôt j’aurais des amis !Je ne serais plus cet espèce de bête de foire qui les faisaient tant rire… ou plutôt marrer. Il se tenait mal et laissait son sac sur le bureau, sans prendre la peine de sortir ses affaires. Ah si quand même, il s’accorda le luxe de sortir sa trousse et une feuille, au cas où.
« Hey ! pssst, a côté ! »
Tornouet tourna la tête. Sa voisine la championne des absences de sa classe lui parlait.
« Ouais, toi, tu t’appelles comment ? »
Aïe, le test fatal. S’exprimer. La chose la plus complexe qui existe en ce bas monde. S’exprimer dans leur langue, sans accent et sans avoir l’air ridicule. Sinon, son magnifique surnom sera réintégré au sein de la classe : Torchecul. Il répondit avec calme essayant de dissimuler sa difficulté avec laquelle il avait à parler ce dialecte. Il se croyait dans un autre pays à dire vrai. Il fallait qu’il pense non-cha-lance, nonchalance, NONCHALANCE.
« Théo, et toi ? répondit il à son grand étonnement avec le plus naturel des tons.
-Eliane, mais bon, tout le monde m’appelle Casper ! t’es nouveau ?
- A dire vrai…
- Hein ? »
ZUT, il avait fauté, il fallait rattrapé ça !
« Bah non, chuis pas nouveau ! et toi ? j’t’ai jamais vu !
- A mais oui ! Je vois qui t’es, Torchec…non Théo !! oui ! s’étonna-t-elle.
- Ouais… ça m’fais chier qu’les gens ils m’appellent comme ça.
- T’as raison c’est bizarre. T’es normal pourtant.
- C’est ptet parc’que t’es pas souvent la qu’tu sais pas…
-Bah ! En tout les cas, j’te trouve vachement sympa et ils ont pas raison les autres de t’emmerder, de toute façon, t’es plus fort qu’eux, pourquoi tu leur casses pas la gueule a ces vantards ? »
Mince, je n’ai pas tout compris ! Comment je fais. C’est quoi ça « vantards » ? « Casser la gueule », je crois que j’ai vu ça dans un film, les méchants on frappé le gentil ! Quoi ? elle veut que je frappe quelqu’un ?
« Je suis contre la violence »
Elle lui lança un regard de surprise et d’interrogation.
« Ah bon ? Pourtant t’aleur, on a tous cru qu’t’allais tabasser tout l’monde !
-Ah… »fit il sans trop comprendre ce qu’elle venait de lui dire.
La conversation s’arrêta là. Le prof ( ça y était, Théo s’était fait à ce mot, le « prof ») débitait toutes sortes de chose sur un écrivain très renommé, mais on ne sut jamais lequel, il oublia de mentionner son nom, ou alors, on oublia de l’écouter. C’était comme ça alors les cours ? Théo vit tout ce qu’il ne voyait pas d’habitude. Les boulettes de papiers, les mots qui circulent, les gens qui mangent, ceux qui boivent, les autres qui écoutent la musique, les élèves qui dessinent, ceux qui dorment ou qui taguent leurs tables affalés tels des macaques ne sachant pas se tenir assis. Il vit aussi les oiseaux à la fenêtre, les chewing gum déposés illégalement sous les tables par ces camarades. Le prof qui se curait le nez en parlant de son écrivain mystère, puis les oreilles, pour qu’enfin il finisse par se ronger les ongles de cette même main très active… Ce prof était dégoutant. Tout ça il ne le voyait pas, tout ce qu’il retenait son attention avant c’était sa copie, sa chère et tendre copie où il notait tout avec tous les détails qu’il pouvait attraper au vol. C’était… fascinant. Il n’aurait jamais imaginé que la classe pouvait être dans une telle effervescence dans le cours habituellement soporifique de français. « C’est fascinant mais en même temps si… je ne saurais décrire cette impression que j’ai. » Théo se sentait comme un chercheur observant analysant et interprétant des phénomènes inconnus qu’il scrute et décrit dans le moindre détail. Il se sentait toute chose. Il avait l’impression d’être un éminent chercheur qui découvrait quelque chose d’extraordinaire, d’invraisemblable et qui tentait de le décrypter.
Les deux heures de français passèrent à une vitesse quasi lumière tant il était absorbé par ces…humains.
A SUIVRE.
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Cicipouce
dim 30 aoû 2009 09:06