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CHAPITRE 5
Qui est elle ?
Pourquoi donc m’a-t-elle aidé ?
Ils marchaient encore côte à côte, bas dessous bras dessus, tel un couple normal de lycéens qui rentreraient ensemble des cours. Une fois arrivés au coin de la rue, à environ 300 mètres du lycée, à l’abris des regards des policiers, elle lui lâcha brusquement le bras, le repoussa presque avec dégoût. Elle accéléra l’allure pour ne pas qu’on croit qu’il eut ne serait ce qu’une possibilité pour qu’ils aient pu être ensemble. Théo essaya de lui attraper le bras.
« Hey ! Attends ! »
Elle l’ignora platement et continua sa route. Théo resta sur place, bouche bée, à ne plus comprendre ce qui venait de se passer. Elle l’avait secouru en se faisant passé pour sa petite amie et maintenant elle le larguait au coin de la rue, limite si elle ne l’avait pas aidé de son propre chef.
Il courut donc après elle, comme dans toutes les histoires d’amours cucu qu’il avait pu voir ou lire (dans le programme de seconde de français, vous n’avez pas remarqué ?). Il fallait au moins la remercier. Il se crut tout d’abord dans un opéra… Non ! Soit cool, dans un film américain, voila ça c’est mieux. Elle tourna dans une petite ruelle.
Il lui rattrapa le bras mais plus violemment cette fois-ci, pour ne pas qu’elle puisse se dégager une fois encore.
« Lâche-moi !
- euh… Merci
- Je n’en veux pas de ta gratitude ! »
Et elle remarcha plus vite encore. Il courut (une fois encore) et lui barra le chemin. C’était maintenant soit un bar à gauche, soit une route à droite. Décidée à l’éviter, elle tourna et entra dans le bar. Ce n’était pas un bar très… fréquentable. Il s’appelait, « Le mystificateur ». Vous me direz, un bar près du lycée, c’est glauque et pas normal ! Ils marchaient et se poursuivaient depuis près de 700 mètres à vrai dire (ils courent vite)…que faire ? J’y rentre ou pas ? Tant pis j’y rentre, je ne vais pas la laisser toute seule dans ce bar pas net. Tu fais ton chevalier là. Oui et bien je lui dois bien ça ! Il s’engouffra à son tour dans l’entrée sombre du bar.
La clochette de l’entrée retentit alors pour la deuxième fois de la journée.
Il y régnait une odeur forte de tabac et de moisissure, assez pestilentielle. Comment des gens pouvaient-t-il boire avec une odeur pareille dans les narines, c’est infect. Théo mit sa main devant sa bouche pour se retenir de vomir. Lui si propre, si soigné, si drogué de propreté, il n’était pas du tout dans son élément et ressentait un profond malaise dû à la saleté, aux immondices, et à l’odeur… Il butta contre quelque chose d’assez mou… Un homme ! Ivre sûrement. Il faisait très noir. Comment retrouverais t-il la jeune fille. Un vent glacé lui vint et il frissonna de la tête au pied. C’est étrange, on est pourtant au printemps ! C’est très dangereux ! Il faisait sombre, très sombre. On distinguait vaguement les formes de fenêtre qui auraient probablement existée et qui existeraient encore si une couche de crasse épaisse et vielle de 50 ans au moins ne s’y était pas installé. On pouvait apercevoir auprès des fenêtres des bancs et des tables. Théo s’avança. L’odeur se fit plus forte.
Le bar était la seule chose à peu près illuminée. Il n’était pourtant que 6 heures du soir, mais n l’on se serait cru en pleine nuit ! Des lanternes pendaient d’un plafond certain pour atterrir à 50 centimètres du comptoir. On pouvait voir qu’un homme penché et essuyant ses verres s’y tenait. Un autre accoudé au comptoir le regardait, enfin du moins, dans cette obscurité, semblait le scruter.
* Diling Diling *
Il se retourna brusquement et se rendit compte qu’il s’était fait avoir. Elle avait profité de son malaise pour sortir, sans qu’il ne la voie dans l’obscurité si épaisse du bar. Théo se précipita sur la porte, il trébucha une fois encore sur l’ivre et se cogna contre la porte. Aussi vite qu’il le put, il se releva sortit et couru au bout de la ruelle. A gauche. A droite. Volatilisée ! De toute façon, elle est dans le même lycée, je la retrouverais.
Le lendemain, il retourna au lycée avec hâte. Qui est elle ? Elle était plutôt jolie. Pourquoi m’a-t-elle aidé ? Je croyais que jamais je ne pourrais avoir d’amis tant les gens sont stupides et que même si je m’intégrais je ne jouerais que le rôle de l’hypocrite. Alors qu’elle… elle est différente. Elle m’a sortit du pétrin et je n’ai pas envie d’être hypocrite avec elle. Je sais pas ce qui m’a pris hier… C’était vraiment trop étrange. J’ai repensé comme avant. Un opéra, franchement.
La chose par contre que Théo avait totalement oublié c’était de QUOI elle l’avait sorti. Il s'en rappela bien vite quand il vit Sam ou « l’abruti fini » entouré de ses amis. Aïe, je vais ramasser ce que je n’ai pas eu hier. Je le sens j’ai un mauvais pressentiment et cette fois ci cette fille ne sera pas là pour me sortir du pétrin dans lequel je me serais une fois encore fourré. En plus je ne connais même pas son nom. On se croirait dans un livre. Il passa donc discrètement le portail du lycée, veillant à ne pas attirer les regards sur lui, ce qui ne fut pas une mince affaire.
TOUT le monde le fixait depuis qu’il avait apparu au coin de la rue. Côté discrétion, c’était vraiment raté. Mais visiblement, personne ne lui disait rien et Sam ne le provoqua pas. Ils avaient peur.
« T’as vu de quoi il est capable ce type ?! », « ouais, il paraît qu’il est resté quand la police est arrivée ! et il a butté les deux flics » « naaan sans dec’ ? », « jte l’jure ! Faut pas se frotter à des mecs comme ça ! », « putain, balèze le mec ».
Voila ce qui se disait dans le lycée. Ah les rumeurs ! Ce don de déformer exagérément la réalité. Beaucoup de gens sont doués pour ce genre de chose dans le lycée apparemment.
Il n’en entendit rien et continua sa route, comme il le faisait chaque matin. Enfin non, pas tout à fait comme tout les matins. Cette fois-ci au lieu de passer et de traverser la cour sans rien voir, il scrutait chaque recoin pour voir si la mystérieuse fille d’hier s’y cachait. Au moins elle, elle avait l’air de savoir parler français. Y-aurait-il des gens qui me ressemble dans cette établissement ? Peut être… Ce serait bien, mais après ce qui s’est passé hier je doute que l’on soit sur le chemin de l’amitié profonde elle et moi. Elle me déteste aussi, c’est sûr. Et puis je n’ai pas besoin d’elle… Elle était jolie quand même…
Il aperçut sa silhouette dans un couloir. Elle avait des amies elle au moins. N’y faisant pas attention, Théo se précipita vers elle. Elle sursauta en le voyant et toutes ses amies prirent la fuite à l’exception d’une, Casper. Elle est dans ma classe ? Si elle connaît Casper c’est qu’elle est dans ma classe ! ? Et je ne l’ai jamais vu… A dire vrai, je ne connais aucune des têtes qui se trouvent dans ma chère et tendre classe… Toujours aussi belle, elle tourna et partit brusquement. Casper le regardait tout étonnée :
« Bah alors, qu’est’c’tu fous la ? T’as pas eu des problèmes avec les poulets toi ?
- Hein ? Elle s’appelle comment ? lui répondit-il rapidement, sans pour autant répondre a la question
- Elle est dans not’ classe Mon con ! T’avais pas remarqué ?
- Euh… non
-Héé me regarde pas comme ça ! ‘scuse pour le « moncon », s’tu veux j’le r’dirais plus !
- Mais j’aimerais savoir comment elle s’appelle !
- Elle t’fait bander ?
- HEIN ? QUOI ?! Ce n’est pas la question ! Tu détournes le sujet là ! »
Il avait eu l’occasion de connaître ce mot avec un de ces cousins un de ces étés passé en famille. Cela l’avait choqué mais amusé en même temps ! Il en avait rit après, mais jamais il ne l’avait utilisé ou entendu. Il trouvait ça péjoratif et d’un manque de classe énorme, et d’un manque de respect envers la personne aussi !!
« S’il te plaît ! Dis-moi son prénom !!!
- Oh ça jase derrière ! ça doit être parce que je te parle !Tu sais que t’es la personne la plus craignos du lycée, pourtant j’te trouve cool !
- Merci… C’est gentil, Dit il timidement, soulagé et heureux que quelqu’un remarque ses efforts
- Elle s’appelle… T’as qu’a lui demander !
- Mais ! Elle ne veux pas me parler, pas me voir ni m’écouter .
- Qu’est ce que tu lui a fait ?! C’est douteux tout ça, tu connais pas son prénom et vous vous êtes déjà engueulés, woaa, moi j’dis bravo ! c’est du lourd !
- Allez Eliane, je t’en prie, dis le moi, arrête de tourner autour du pot ( sinon, ça va encore prendre deux chapitreeuus) !!
- Eléonore.
- Merci ! lui répondit il soulagé d’enfin savoir son prénom, il sourit comme il ne l’avait jamais fait
- T’es canon quand même, elle en a de la chance ! »
Il rougit, lui fit un dernier signe de main et parti en cours.
A SUIVRE.
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Cicipouce
dim 30 aoû 2009 09:29