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CHAPITRE 6
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« T’es canon quand même, elle en a de la chance ! »
Waaaw, la première fois qu’on lui disait une telle chose. Mais cette phrase lui en avait appris beaucoup plus sur ses sentiments qu’il n’avait pu en deviner… Il était amoureux. Il ne la connaissait pas, il lui avait parlé une fois, c’était si étrange. Comment puis-je si je ne la connais pas ? C’est insensé !
Mais l’amour n’a pas de logique ni de raison, enfonce toi ça dans le crâne, stupide Théo que tu es !
Les cours, il ne les suivait plus depuis deux jours. Il avait appris a flâner et à balader son regard, de la fenêtre au papillon et du papillon à sa copie blanche. Mais aujourd’hui, son regard était fixe et droit, ses pensées défilaient à toute vitesse dans sa tête, s’entrechoquant et se cognant violemment. Elle, il ne regardait plus qu’elle. Si belle. De dos il la voyait, ses longs cheveux bruns tombaient en boucles désordonnées sur ses épaules. Ses épaules, frêles, qui semblent si fragiles et si chaleureuses à la fois. Eleonore,ça rimait avec Théodore, quelle coincidence ! Et puis elle savait se tenir elle au moins.
Théo baissa la tête et se rendit compte à quel point il était affalé sur sa chaise et se redressa aussitôt, gêné et confus. Espérons qu’elle ne m’ait pas vu me tenir aussi mal. Le prof fusilla théo du regard et rétorqua méchamment :
« Vous filez un mauvais coton Tornouet. Arrêtez d’être aussi dissipé ! »
Tout le monde se retourna vers lui, qui restait fixé sur la silhouette d’Eleonore espérant de tout son être qu’elle aussi elle se retournerait et qu’ainsi il puisse voir son si joli visage. Mais non. Elle continuait d’exprimer son mépris. Elle me déteste. Elle me hait. Mais pourquoi ? qu’est ce que je lui ai fait .
La cloche sonna pour l’intercours. Deux heures de suite dans cette matière. Théo restait sur sa chaise, la tête baissée, il attendit qu’Eleonore sorte. Il prit un petit papier dans sa trousse, le déplia et écrivit au dos ( ou d’ailleurs il y avait déjà un petit bout de cours de physique). Tiens ça me dit quelque chose… Il retourna le morceau de papier et vit le mot, le mot qui lui disait de ne pas aller se battre avec Sam. Ce mot qu’il avait totalement ignoré d’ailleurs. Il prit un autre papier et y écrivit « Merci ».
Il se leva, se dirigea vers la place d’Eleonore, son classeur était ouvert. Ce qu’il vit le cloua. Le… le… le mot !! C’était la même écriture !! C’était donc pour cela qu’elle lui en voulait tant ! il reprit son « merci » et retourna à sa place . Il se rassit en vitesse quand il vit Eleonore qui s’apprêtait à entrer.
Il ressortit le mot une fois encore :
« Ne fais pas ça, Je t’en empêcherais, Les cons c’est pas c’qui manquent… »
Ce message ! Il y a forcément un sens caché là-dessous, non ? Elle ne m’en a pourtant pas empêché. Et si… la… police, ET SI C’ETAIT ELLE QUI AVAIT PREVENU LA POLICE ! Ce serait bien possible !!
Bon j’ai compris les deux premiers bouts. Mais et le troisième ? « Les cons c’est pas c’qui manquent … » ??? C’est bizarre comme phrase.
Me traiterait-elle de con ? Elle fait peut être une allusion à mon changement de comportement, à l’attitude que j’ai adopté afin de me faire accepter au sein des élèves… Ce qui n’a, à dire vrai, pas tellement marché… Avant ils se jouaient de moi, maintenant ils me craignent. Peut être suis-je si insociable qu’ils sentent que jamais il ne me parleront ou s’approcheront de moi ?! Je ne comprends pas… vraiment pas…
Telles étaient les interrogations que Théo se posait en silence, tout en, bien entendu, fixant désespérément la silhouette de la douce et coléreuse Eleonore.
Il replia soigneusement son petit morceau de papier, se redressa, rangea sa trousse, sortit ses affaires et suivit le cours, comme il ne l’avait plus fait depuis plus de deux jours. Ce furent les seules choses qui l’aidèrent à se sortir la jeune sauveuse de la tête. Rester concentré, ne pas essayer de la regarder, ne pas parler, juste écouter, noter, interpréter et attendre. La bouffonnerie avait assez duré. La journée se termina doucement et alors lentement, et bien sûr, Théo resta seul mais poli et bien droit.
Vers 5 heures et demi du soir, alors que la cloche venait de sonner, Théo sortit le premier et attendit à la grille.
Les cours étaient finis, la torture pouvait recommencer et voir ses beaux yeux était la seule chose qui pouvait calmer cette horrible souffrance que d’être méprisé par l’être aimé. Il espérait pouvoir lui parler, rien qu’un peu. Il attendrait, peu importe le temps, l’heure, le jour ou la nuit, il l’attendrait.
L’aiguille de sa montre à quartz pointait presque 8heures lorsqu’une voiture s’arrêta devant la grille du lycée. Théo, mécaniquement s’avança vers le bolide. C’était une belle berline, noire aux vitres fumées. Cette voiture, il la connaissait plus que bien. Elle venait la chercher de temps à autre, lorsque ses parents s’inquiétaient de ne pas le voir rentrer. Manuel, le chauffeur de la berline, était un bon gars. Un homme sympathique, la cinquantaine, les yeux d’un bleu intense et les cheveux déjà décolorés par la temps, il lui avait toujours fait penser au Père Noël, chaleureux généreux et aimable. C’était pourtant juste un homme qui en avait appris de bonnes et de mauvaises sur la vie et qui n’avait su garder que le bon côté. Théo l’aimait bien. Il ne lui avait jamais trop parlé, si ce n’était que pour dire que ces bulletins étaient correctes, que les fêtes s’étaient bien passées, mais jamais rien de privé ou d’intime. Ne jamais confondre le personnel et les amis tout comme ne pas se prendre pour l’ami alors que l’on est l’employeur, règle d’or imposée par tous.
« Alors jeune homme ? qu’est ce que vous faites planté la devant la grille de votre lycée ? Vos parents s’inquiètent vous ne vous en doutez pas ?
- Si… »répondit-il brièvement
Manuel lui fit un grand sourire et pour la première fois depuis qu’il travaillait chez les De La Tornouet, il se permit de parler amicalement et chaleureusement à un des membres de cette famille.
« Allez mon p’tit gars ! monte devant, ce soir, je ne suis plus ton chauffeur. Vu la tête que tu fais, il est impératif d’y remédier, tu crois pas ? »
Théo monta et acquiesça. Ils roulèrent pendant une bonne dizaine de minutes sans se dire un mot puis Manuel se gara dans un parking pas loin d’un parc botanique. Il y faisait sombre et seuls les réverbères éclairaient un à un des petits bouts de trottoirs. Manuel s’assit alors sur un banc et Théo se dirigea tel un fantôme vers lui. Il ne pensait plus, il suivait et c’est tout ce dont il était capable de faire. Manuel le regarda et soudainement, Théo se mit à débiter toute l’histoire de Sam, d’Eleonore, de la bouffonnerie sans savoir pourquoi. Comme ça, il lui raconta tout, il en avait besoin et Manuel n’avait eu qu’à attendre, Théo était en confiance avec lui. Il ne s’était pas rendu compte qu’au fil des années, un fil de confiance et de confidences s’était intimement lié entre eux. Il… Il… il avait un … ami. Un AMI. Il n’avait plus besoin de toute cette mascarade, de tout ce tissu de mensonges, de paraître qui l’empêchait d’être tout simplement lui. Avec ses défauts et ses qualités.
Il n’avait
plus besoin d’être nonchalant, plus besoin d’être
coincé, plus besoin de trop de politesses ou de trop de vulgarités,
il se découvrait petit à petit. Et Manuel le consola, lui parla,
lui raconta des histoires drôles, ils rirent de bon
cœur.
Il était heureux.
Tout s’effaça.
Il devint alors ce qu’il avait toujours été au fond de lui…aimé.
FIN
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Bonne année
Je ne voulais pas d’une fin atypique, il se retrouve avec la fille qu’il aime, elle lui pardonne et des roses et des fleurs et de l’eau de cologne…. Je vous en passe et des meilleurs. Ça aurait été trop prévisible et j’aime pas deviner la suite des films ou des livres, ça m’énerve. Qui n’aime pas être surpris. Bon pas très surprenant je vous l’accorde, mais pas ce qu’on attendait non plus :D
De toute façon personne ne lit mes speech xD
M.HEY









Lilly
sam 31 oct 2009 12:15