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CHAPITRE 4
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Aujourd’hui on est Lundi. Le lundi était un bon jour. On ne se fatiguait pas trop au service, mais l’on ne s’ennuyait pas non plus, à part quelques fois où les clients se faisaient très rares. Les collègues étaient toujours de bonne humeur et plaisantaient souvent au sujet du gros service de la veille ou de leur conquêtes de la nuit précédente. Généralement, le lundi, c’était un jour « cool ». Fatigué par la fête, on se levait tranquillement, ayant de la mise en place à faire mais pas de gros service. La Sous- Chef, souvent satisfaite du service de la veille, laissait les fêtards et autres venir plus tard.
Aujourd’hui, Erick était en repos le matin, comme souvent il l’était. Par contre, Maxime, lui, n’avait pas ce privilège.
Alors, comme tout les lundis, il se levait vers huit heures et demi, neuf heures pour se rendre à pied au restaurant qui n’était qu’à un kilomètre à peine de leur domicile. Comme tout les lundis aussi, il se réveillait difficilement, car il était de ceux « qui ne sont pas du matin » comme disait la Sous-Chef. Comme tout les lundis, il n’avait pas envie de travailler, il faisait une de ces têtes d’enterrement dont seul lui avait le secret. A vingt ans, il avait déjà son train-train quotidien, bien qu’il ne soit arrivé que depuis trois ou quatre mois en Nouvelle Calédonie. Il trouvait cela joli, agréable, mais le travail l’empêchait de voir au-delà de ces seuls mots. Malgré ses yeux magnifiques, son visage gentil et doux, sa taille grande et son corps fin et viril comme il le faut, Maxime n’était pas de ceux qu’on appelle des « tombeurs ». Si, il y avait Angélique, mais il avait un voile en face des yeux qui l’empêchait de voir à quel point il lui faisait tourner la tête. Il ne s’en rendait pas compte, pourtant c’était comme le nez au milieu de la figure, c’était plus que flagrant. Elle était trop jeune pour lui, ça ne se faisait pas d’importuner les jeunes filles. Et puis, Angélique, il l’avait adoptée, c’était sa sœur du pays, car loin de sa famille qui lui manquait énormément, c’est à Angélique qu’il racontait des histoires, qu’il apprenait des trucs qu’elle n’était pas sensée savoir. Comme une petite sœur à qui l’on apprends les bêtises, et Angélique se prêtait fort bien au jeu.
Les filles, ses conquêtes, les plans culs… Tout ça restait rare et occasionnel. Une fois il avait vraiment été amoureux. Maintenant, cette chanceuse était casée, et pas avec lui, malheureusement.
Ce matin là, Maxime se donna du courage et décida de bien entamer la matinée en prenant une douche qui le revigorerait et le réveillerait instantanément. Il faisait si chaud et si lourd qu’il transpirait dans son tee-shirt blanc. Il pouvait s’essuyer du revers de la main, son front n’était pas plus sec, d’autant plus que sa main n’était pas une serviette très sèche non plus. Suant de tous ses pores, la tête à moitié endormie, il se dirigea rapidement vers la salle de bain sans se rendre compte qu’Erick n’était pas rentré seul. Il se déshabilla rapidement et sauta dans la douche sans oublier de fermer le rideau de douche (ah ah je pense a tout les détails … xD). Il n’était pas aussi exhibitionniste qu’Erick et il ne supportait pas quand celui-ci s’invitait dans la salle de bain alors qu’il y était déjà. Se changer avec lui dans le vestiaire ne le dérangeait pas mais qu’il le matte nu comme un vers… c’était une autre histoire.
Il tourna le bouton d’eau froide et sentit un flot de fraicheur fondre sur lui. Il sursauta au début, surpris par la température puis se délecta doucement de ce moment intense où il n’avait ni chaud, ni froid. Il était bien. Il ouvrait la bouche pour humidifier sa gorge et sa bouche si sèche après le sommeil. C’est alors qu’il mit la pression de la pomme de douche à fond. Il n’entendait que le bruit de l’eau battant le rideau de douche et qui s’infiltrait dans ses oreilles le rafraîchissant de l’intérieur.
Quelqu’un rentra dans la salle de bain mais il ne s’en rendit pas compte, tant absorbé par le flot glacé qui submergeait son corps et lui faisait tant de bien. Soudainement il vit une tête qui se glissa entre le rideau et la paroi de la douche. Il sursauta.
_ Alors mon gars ! tu vas a la piscine et tu nous préviens même pas hic ! Susurra le jeune homme qui n’avait pas encore cuvé tout ce qu’il avait ingurgité la veille.
_ Putain, mais casses toi, tu pues l’alcool ! Qu’est ce que tu fiches ici d’abord ?
Maxime sortit en vitesse et prit la serviette au passage qu’il s’entoura autour de la taille.
_ Souvenais p’u de la route ! dit-il en riant.
_ Tu t’appelles Antoine C’est ça ? Tu es le cousin d’Angélique ?!
_ Touuuuut a fait M’sieur… HIC! Répondit il imitant le fantassin qui salut son caporal tant bien que mal.
_ Puré, mais t’as trop bu hier !
_ Noooooon pas du t…
Et il s’effondra sur Maxime qui le rattrapa au vol, lâchant sa serviette, qui tomba à terre (bien qu’il essaya de rattraper Antoine et garder sa serviette en même temps). Il devint rouge ! Il posa la tête d’Antoine délicatement par terre. La chaleur, se dit-il, si ça avait été un coma éthylique, il ne l’aurait pas fait à huit heures !A moins qu’ils ne soient rentré à sept heures et demi, ce que je ne pense pas, ce n’est pas dans les habitudes d’Erick. Maxime revêtit un boxer et un jean et entreprit de demander des explications à Erick dans le but de savoir quoi faire. Cette tâche se révéla plus difficile que prévu… Après maint et maint coups de coudes, il daigna bien l’écouter et lui répondre.
_ On est rentré à 6 heures, c’est pas un coma.
_ T’es sûr ?
_ Putain, laisse moi dormir et laisse le crever.
Ah… quand même pas, plutôt radical comme solution.
Il n’en fit pas ainsi. Il était encore tôt. Neuf heures. Il avait largement le temps. Ça fait bizarre de savoir qu’une personne aussi extravertie et facile en rapports humains soit de la même famille qu’Angélique ! Elle, si fragile, timide au début et gênée, je me souviens encore de la première fois où je l’ai vue. Elle était mimi. Contrairement à lui, complètement bourré qui fait irruption dans sa salle de bain et se permet de mâter. Il se souvenait, une fois pour embêter Angélique, il avait pris son verre d’eau, qu’elle venait de se servir et de le poser dans la vue d’un usage prochain, et l’avait bu d’un trait. Elle revint et le lui rendit, elle avait fait une de ces têtes, amusée et à la fois contrainte d’être dur pour arborer sa colère. Il regarda Antoine et vit un filet de bave qui allait de sa bouche au sol… c’était sexy. Tout l’opposé de sa cousine. Maxime le traina jusqu‘a la douche proche et le mit sous la pomme de douche. Comment faisait-il pour traîner comme ça par une chaleur pareille. En jean et en polo… Enfin il ne trainait plus trop maintenant, il dormait plus ou moins, sursautant, rêvant et autres choses étranges que seul lui pouvait comprendre. Le jeune cuistot mit le jet d’eau à fond avec le bouton bleu et aspergea généreusement Antoine qui sortit brusquement de sa rêverie.
_ OOOOH, tu es trop mignonne toi !! Lança-t-il à l’attention de Maxime penché au dessus de lui.
_ Oula, il est encore bourré. Je suis un mec connard.
_ Ah non ma jolie, on ne me trompe pas sur la mââârchandise ! Cria Antoine en s’agrippant à Maxime.
_ Lâche-moi sale tarlouze !
Il s’agrippait plus fort. Son haleine dégageait une très forte odeur d’alcool. Antoine se leva dans la douche tant bien que mal, il faisait à peu près la même taille que Maxime, un peu plus petit, il se rapprocha doucement mais sans que Maxime n’ai le temps de comprendre. Il s’approchait de son visage et posa sa bouche délicatement au creux de son cou. Maxime sursauta, pris de surprise et lui aussi. Ça pique ! Plein de torpeur, Antoine sortit en quatrième vitesse de la douche, dans la précipitation il glissa sur le sol mouillé et s’étala de tout son long.
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A SUIVRE
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Cicipouce
dim 30 aoû 2009 08:43