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L'élève Tornouet - Chapitre 3  (L'élève Tornouet) posté le vendredi 14 novembre 2008 03:23

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CHAPITRE 3

 

Récréation. Est-ce un mot que l’on peut encore utiliser au lycée ? On va dire que oui.

 

Le prof ne pipa mot. Théo fit celui qui s’en fichait royalement même s’il se demandait ce qu’il lui arriverait sur son bulletin scolaire.

Il sortit donc. Personne ne se moquait de lui. Ça jasait plutôt. Qu’est-ce qui arrive à Torchecul ? Mais chhh, tu vas te faire tuer si tu l’appelle comme ça. Comment il s’appelle en fait ?

Il passa devant eux avec indifférence. Ils cherchent mon vrai nom, c’est … cool. L’abruti fini était déjà devant, loin dans les escaliers. Il se précipitait presque à l’extérieur du bâtiment pour inhaler une bouffée d’air non polluée par le français. Théo l’observait. Il le suivit même. Pourquoi ? ah bah ça ! il se sentait gêné pour hier et voulait lui montrer qu’il n’était plus le torchecul qui pétait dans la soie, comme il l’avait si bien dit. Quelle poésie se disait-il ironiquement. Ça vaut tout les Victor Hugo du monde ! Il se sentait léger et se dirigea au milieu de la cours, où se trouvait l’abruti fini dont il ignorait totalement le nom et ses « potes ». Un des potes le montra du doigt et tous lui tournèrent le dos. Ils essayent de m’ignorer ? ils me craignent ? Il fit alors comme il avait appris, il donna un coup d’épaules à l’un puis a l’autre afin de s’incruster dans le rond. Ils arrêtèrent tous de parler. Plus un mot. Cependant ils ne se dispersèrent pas non plus. Ils restaient à le regarder puis l’abruti fini se mit à rugir sur Théo, à le provoquer en duel.

 

«  Bah alors Torchecul ? Tu te rebelles ? T’as renvoyé chier le prof de français alors tu t’crois tout permis ? Casse toi t’as rien à faire ici ! »

 

Pas tout suivi… En plus il m’a postillonné dessus. Il lui dit alors ce qu’il avait à lui dire depuis le matin même, d’une voix calme sereine sans aucune peur :

 

«  Tu t’appelles comment ? J’veux dire, a part abruti fini ?

- Que…. Quoi ? Tu… tu m’cherches ? T’veux pisser ? »

 

Deux de ses potes le retenaient pour ne pas qu’il se jette sur Théo. Il le regardait avec ses grands yeux bleus, ronds d’étonnement. Cette fois ci, il comprit ce que l’abruti fini lui avait dit. Lui qui voulait savoir son prénom et peut être à l’occasion s’excuser. Il veut me provoquer. C’est une lettre de duel, me tuer, me frapper. Il fit comme il avait fait quelques dizaines de minutes auparavant :

«  Je suis contre la violence.

- Mais qu’est c’tu bave ? Tu viens m’faire chier, tu m’insultes tu m’provoques et après tu te défiles ! T’es vraiment qu’un connard d’aristo. »

 Théo essuya sa joue dans un geste et une grimace de profond dégout.

«  C’est toi qui bave, crétin »

 

L’abruti fini se débattit et un autre de ses potes dût s’y mettre pour le retenir tant il voulait fracasser la tête de c’t’enfoiré d’richard. L’enfoiré d’richard, comme il le pensait si fort, le regardait paisiblement, calmement.

 

«  Arrête Sam ! Tu vas te faire virer si tu te bats ici !

- Ta gueule toi on t’as pas sonner !

- Il a raison, tu ferais mieux de l’écouter… » Lui dit Théo en s’éloignant. 

Le dénommé Sam ou Abruti Fini, se dégagea violemment de l’étreinte de ses copains pour montrer du doigt et pour rugir de colère tout en débitant un flot de menace sur Théo :

«  Enculé, j’t’attends a la sortie, tu vas chier sale connard »

 

Pour toute réponse, Théo toujours de dos lui fit un signe de main et lui répondit :

«  A plus alors ! »

 

Il alla s’acheter a boire et essaya de ne pas se faire remarquer du reste de la journée. Les oiseaux ne l’ennuyait pas et ses camarades non plus d’ailleurs, il dessinait sur son cahier, griffonnait et toute sortes de choses. Beaucoup de choses dans une même journée, se disait-il. Trop même, si ça continue je vais mourir a la fin de la semaine, mais pour l’instant je ne me débrouille pas trop mal. Je suis intelligent, je me demande pourquoi je n’ai pas essayé de décrypter leur dialecte plus tôt… Enfin bref.

Ce fut en cours de science et vie de la terre, en dernière heure de la journée, qu’il se passa quelque chose d’inattendu. Il avait oublié l’incident de la matinée et rêvait encore des années à venir dans la société où il aurait des amis… son rêve, quand une boule de papier atterrit  sur sa table. Douteux. Tant de fois des boules de papier avait volés dans la journée, il avait observé ce rituel de sa chaise. Il doit le prendre et l’ouvrir discrètement car dedans et écrit un mot qui lui est destiné, à moins que l’expéditeur ait très mal visé…. Il n’y avait personne aux environs, cela ne pouvait être que pour lui. C’était presque comme si des larmes lui montaient aux yeux… Le résultat d’une dur labeur d’insertion, d’une journée de folie, et enfin, une deuxième personne lui parlait de son plein gré, mais qui ? Sur le mot était écrit :

 

«  …concentration déterminée s’effectue soit…

         Techniques nécessitent l’emploi de mat... »

 

HEIN ? mais qu’est ce que c’est que ça ?

Il retourna le papier, ouuuf, le mot qui lui était destinée était écrit à l’envers… Pas très malin. Et puis, qui serait près à déchirer son cours de physique pour moi ? Pas beaucoup de monde, à part si c’est pour des insultes.

 

«  Ne fais pas ça, Je t’en empêcherais, Les cons c’est pas c’qui manquent… »

 

Oh subtile. Qui s’est donné autant de mal pour m’envoyer une énigme. Trop aimable. Il parcourra la salle du regard à la recherche de l’éventuel expéditeur. Personne ne tournait la tête vers lui pour voir s’il avait lu. Il se souvint alors des menaces. Mince ! ça sonne dans 10 minutes, qu’est ce que je vais faire, j’vais quand même pas me battre ! Je ne sais faire que de l’escrime, la lutte ça m’intéresse pas moi !

Bien sur, sa famille l’avait formé pour être un bon convive, un bon hôte, un bon adversaire et un bon compagnon. Pour cela il avait appris à se tenir, à parler, à recevoir, à commander, à cuisiner même. Les leçons d’escrime, de savoir-vivre et même de séduction lui avait été imposées dès son plus jeune âge. Son père trouvait cela ridicule, mais sa chère et tendre mère avait insisté pour que chacun de ses enfants sache tout cela. Le plus assidu de tous ses enfants était, je vous laisse deviner aisément, le très aimable Théodore. Le plus brillant et gentil de tous.

Fini les souvenirs, les leçons, maintenant tu es devant ta mort prochaine. Tu es une autre personne. Ce n’est plus le moment d’être nostalgique. Tu aimes ta famille, mais tu t’aimes toi aussi … Tu veux que l’on t’aime et tu as toujours fait tout pour attirer l’attention de Mère sur toi. Les autres tu t’en fichais. Aujourd’hui, les autres, ils te maltraitent. Ne te laisse pas faire, ne sois pas faible. C’est ce que Mère voudrait non ? je suis certain que oui. Je vais affronter mon destin. Bien en face, je ne vais plus ignorer, ou sourire par politesse. Je ne vais plus être l’hypocrite qu’on a formé à recevoir,  à être aimable, à bien parler… Je vais être ce que j’ai toujours caché. Moi.

Dans cette conversation intérieure, le débat prenait forme. Qui suis-je ? Toujours la même perpétuelle question que chacun se pose. Tout ce qu’il voulait prouver c’est qu’il n’était pas un lâche, pas un aristo qui ne fait que profiter de l’argent de ses parents, pas un gosse de riche qui n’a qu’à claquer des doigts pour avoir un verre de lait. Mais, si en réalité, il l’était ?

La cloche sonna.

Ton destin affronte-le.

 

A SUIVRE.

 

 

Pour répondre à Chacha,  Je viens d'un petit archipel paumé dans le Pacifique nommé Nouvelle Calédonie =) bon j'exagère c'est pas si paumé que ça mais bon ... ( c'est entre l'australie et la nouvelle zélande ; D )

(Plaisance aussi!).

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L'élève Tornouet - Chapitre 4  (L'élève Tornouet) posté le samedi 15 novembre 2008 08:49

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CHAPITRE 4

Devant le lycée, un attroupement s’était formé. Tout le long de la journée, la rumeur d’un «  combat sanglant entre deux extrêmes » s’était propagée. Bien évidemment, les curieux ne manquaient pas à l’appel, ni les copains, supporters de Sam, son fan club (oui il avait un fan club, c’est bien dommage que je doive le défigurer, se disait Théo devant toute cette mascarade) ni, bien sur, la classe, qui avait assisté à leur première altercation ainsi qu’à la provocation en duel. On se serait cru dans un manga, chuchotait certains.

Beaucoup de monde pour Sam, et personne pour Théo. D’ailleurs c’est qui celui la, Théo ? Un nouveau ? Il a provoqué Sam ? C’est un malade ce type ! ouais trop, on se cotisera pour une fleur à son enterrement, son courage vaut bien ça… C’est ce qui se disait dans la foule.

 

Sam, de son côté fulminait de rage et d’impatience. Je vais l’éclater, je vais l’éclater c’t’enflure, il va me le payer, le tuer même, l’étrangler, oui… L’étrangler. Il riait d’un rire satanique et féroce. C’en était effrayant, était il fou ?

De son côté, Théo ne savait que faire ! Avait-il peur ? Pas vraiment. De son naturel serein, il ne paniquait pas souvent. Plutôt indifférent et insensible de l’extérieur, il paraissait sûr de lui et plus que calme, contrairement à Sam, intenable… Il regardait encore, observait et décryptait pour la énième fois de la journée, fasciné encore une fois par un nouveau rituel adolescent découvert.

Il ne savait pas comment il allait se dépêtrer de cette situation, et comment surtout il allait survivre… Sans épée, un escrimeur n’est rien. Oublie, oublie tout ce que tu as appris, sers toi de tes poings, de ta rage, de ta force mentale et tout ira bien. Il commençait a paniquer, un peu, à ressasser le souvenir d’une bagarre probable qu’il avait vécu dans le passé.

 

Il devait avoir 5 ou 6 ans, c’était avec l’un de ses cousins plus grand de 1 ans et 15 cm. Oui, il s’en souvenait encore, qui avait gagné ? Qui avait perdu ? Je crois que c’était moi, plus trop sûr en fait. C’était un après midi de décembre, froid, dans le domaine familial tout le clan s’était regrouper pour fêter dans la joie et la bonne humeur La grande fête de noël, majestueuse et toute en finesse. C’était si beau, ces décorations, ces rires. La cause de cette dispute ? Stupide a son avis puisqu’il ne s’en souvient pas. Son cousin avait perdu une dent et il avait gagner un œil au beurre noir. Ils s’étaient tout deux fait disputer et puni de dessert. Pas longtemps d’ailleurs… Je m’étais jeté sur lui, l’avait fait basculé et étant au dessus j’avais l’avantage ( quelle mémoire :o). Oui, c’est comme cela qu’il faut que je m’y prenne, le déséquilibrer ! Il est si grand, comment faire ? Je l’ai fait une fois, une seconde fois ne sera pas de trop !

 

Tout alla si rapidement, la foule s’écarta pour le laisser passer et se referma sur lui, tel une gueule de loup qui se referme sur sa proie. Il n’eut pas le temps de comprendre que ça y était, l’assaut était bel et bien lancé. Ils se trouvaient maintenant face à face. Sam jubilait de plaisir. J’vais enfin pouvoir l’aplatir.

Cependant il ne se jeta pas tout de suite sur lui. Il attendait, faisait monter le suspense pour pouvoir bien l’écraser, le tabasser devant tout le monde. Il les faisait patienter, en ruminant encore et encore son processus de meurtre auquel il avait réfléchi avec acharnement toute la journée. Il était comme fou. Il le voyait, ce petit con, devant lui, bien droit qui le regardait de haut. Ah le salaud, je vais lui régler son compte a celui la, ça lui apprendra à s’la jouer richard le p’tit aristo ! Tu vas morfler sale con.

 

Il n’était qu’à 2 ou 3 mètres devant lui. J’attendrais qu’il coure sur moi afin de la déstabiliser. Les cris d’encouragements, de provocations, de mises à mort du Torchecul redoublaient. Théo se demandait si un « discours » allait être prononcé par Sam pour bien évidemment, provoquer Théo et faire le dur devant la foule. C’est le protocole. Enfin, c’est ce qu’il supposait.

Les gens ont beau se croire libre et dénués de toutes lois, ils appliquent toujours des règles et autres sans s’en rendre compte. Ils y obéissent spontanément sans même penser qu’il est possible de faire autrement. Ils sont alors bien stupides de se déclarer «  libre » ou « hors des règles » car le monde n’est régi que par des codes et seulement par des codes. Il suffit d’en comprendre le fonctionnement, le déroulement. Même si on ne prend pas toujours conscience de ce règlement intérieur de cette hiérarchie humaine, ont le fait, parce qu’on a toujours vu faire comme cela. Un monde sans pouvoir ? Sans classement ? Est-ce possible ? On essaye d’imaginer, mais pour que ce genre de chose arrive, il faudrait que les personnes telles que Sam ou les curieux soient absent de ce monde. Il faudrait un monde où il n’y aurait que Moi. Et pour cela je vais leur montrer.

 

«  Espèce de minable ! Tu t’es pointé finalement hein ? T’es pas aussi lâche qu’on l’aurait tous cru !

-…

- Tu vas morfler sale connard ! »

 

Ah, la phase des insultes, je suppose qu’il faut que je réponde avec le même entrain et la même vulgarité… morfler ? ça ressemble a Morve comme morver, ça doit être un synonyme… ou alors je comprends mal, on tente le coups !

 

«  Sans rigoler ? Tu veux morver, ah mais j’t’en pris on est pas à ça près !

- MAIS T’ECOUTES PAS CE QUE J’DIS OU QUOI ?

- Moi ? ah si ! Pourquoi tu m’entends pas bien ? tu veux un coton tige ? J’en ai pas la désolé, je ne me balade pas avec ce genre de chose !

- Mais il est CON ou il le fait exprès ! JE VAIS T’EXPLOSER ENFOIRÉ ! »

 

Théo n’eut pas de mal a comprendre cette fois encore. Sam se rua sur lui tel un gorille enragé. La gueule ouverte, la bave dégoulinante, les yeux exorbités, comment il a fait pour avoir un fan club franchement. Les bras en avant il essaya d’empoigner le cou de Théo afin de l’étranglé. Trop sûr de lui, il fonça, et Théo attendit le dernier moment pour se baisser et lui donner un coup de tête dans le thorax. Il passa sous son bras avant qu’il ne les resserre sur son torse pour hurler de douleur, et Théo, lui, se retrouva derrière lui. Plus personne n’encourageait personne. Rien compris, tout c’était déroulé si vite. On peut dire que l’escrime ça vous donne en rapidité. Théo remercia alors sa douce mère pour ses pénibles heures d’entraînement.

 

A genoux, Sam commençait à se relever et se tournait doucement vers Théo, toujours aussi calme et plus que reconnaissant envers cette chance unique qu’il avait d’être lui.

Une sirène commença à retentir dans la rue. V’la les keufs, vite on s’tire. La foule se dispersa à une vitesse fulgurante.

 

«  Sam, on s’tire, vite, sinon tu vas encore t’en prendre plein la gueule par ton père ! 

- Putain, sale chieur, j’te tuerais, j’te l’promets »

 

Ses potes l’aidèrent à se relever et ils partirent sur leurs bolides.

Il ne resta plus que lui, Théo, seul devant l’entrée du lycée, les sirènes clignotantes et hurlantes. S’ils veulent arrêter quelqu’un c’est pas très malin de les prévenir qu’ils arrivent… Mais enfin, la voiture s’arrêta et deux policiers en surgirent. Ils virent Théo, planté au milieu de l’entrée comme un piquet bien enfoncé dans le sol. Il n’haletait plus. Il ne pensait plus. Il observait, vide. Ils se dirigeaient vers lui.

 

«  Alors mon p’tit gars ? Qu’est ce que tu fous là ? T’es perdu, lui lança l’un des policiers

- Elle est où cette putain de bagarre, ils se sont déjà tous tirés merde ! renchérit le second

- On est arrivés trop tard, et toi ? T’y participait ? Tu sais qu’on peut te coffrer si tu nous dit rien … ?»

 

Une voix derrière Tornouet hurla son prénom… en entier, une voix féminine. Il se retourna et vit une jeune fille. Qui était-elle ? Elle s’arrêta essouflée devant les policiers et pris le bras de Théo :

 

«  Excuse-moi Théodore ! Merci de m’avoir attendu ! »

 

Il la regardait les yeux ronds. Il finit par comprendre le stratagème…

 

«  Oh … euh… ce n’est rien, de …deux minutes de plus ou de moins… »

 

Il la regardait en hochant les épaules, jouant à merveille son rôle d’étonné et de complice. Il observait en même temps les policiers baladant son regard entre l’inconnue et les chiens de la garde nationale.

 

«  Pour tout vous dire… je viens … juste d’arriver, c’était déjà désert, vous avez du vous … vous tromper…

- Ouais, j’en doute… ils ont dû se tirer avant qu’on arrive !

- J’te signale qu’ils ne se seraient pas tirés si t’avais pas voulu frimer avec tes spots rouges et la sirène de merde !

- Mais c’était pour aller plus vite !

- Si vous voulez bien nous excuser, s’interposa-t-elle afin de s’en défaire.

- oui, … Oui bien sur excusez nous ! Bonne journée »

 

Toujours en lui prenant le bras ils marchèrent sans dire un mot.

 

A SUIVRE.

 

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L'élève Tornouet - Chapitre 5  (L'élève Tornouet) posté le mercredi 10 décembre 2008 02:40

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CHAPITRE 5

 

Qui est elle ?

Pourquoi donc m’a-t-elle aidé ?

 

Ils marchaient encore côte à côte, bas dessous bras dessus, tel un couple normal de lycéens qui rentreraient ensemble des cours. Une fois arrivés au coin de la rue, à environ 300 mètres du lycée, à l’abris des regards des policiers, elle lui lâcha brusquement le bras, le repoussa presque avec dégoût. Elle accéléra l’allure pour ne pas qu’on croit qu’il eut ne serait ce qu’une possibilité pour qu’ils aient pu être ensemble. Théo essaya de lui attraper le bras.

 

«  Hey ! Attends ! »

 

Elle l’ignora platement et continua sa route. Théo resta sur place, bouche bée, à ne plus comprendre ce qui venait de se passer. Elle l’avait secouru en se faisant passé pour sa petite amie et maintenant elle le larguait au coin de la rue, limite si elle ne l’avait pas aidé de son propre chef.

Il courut donc après elle, comme dans toutes les histoires d’amours cucu qu’il avait pu voir ou lire (dans le programme de seconde de français, vous n’avez pas remarqué ?). Il fallait au moins la remercier. Il se crut tout d’abord dans un opéra… Non ! Soit cool, dans un film américain, voila ça c’est mieux. Elle tourna dans une petite ruelle.

Il lui rattrapa le bras mais plus violemment cette fois-ci, pour ne pas qu’elle puisse se dégager une fois encore.

 

« Lâche-moi !

- euh… Merci

- Je n’en veux pas de ta gratitude ! »

 

Et elle remarcha plus vite encore. Il courut (une fois encore) et lui barra le chemin. C’était maintenant soit un bar à gauche, soit une route à droite. Décidée à l’éviter, elle tourna et entra dans le bar. Ce n’était pas un bar très… fréquentable. Il s’appelait, «  Le mystificateur ». Vous me direz, un bar près du lycée, c’est glauque et pas normal ! Ils marchaient et se poursuivaient depuis près de 700 mètres à vrai dire (ils courent vite)…que faire ? J’y rentre ou pas ? Tant pis j’y rentre, je ne vais pas la laisser toute seule dans ce bar pas net. Tu fais ton chevalier là. Oui et bien je lui dois bien ça ! Il s’engouffra à son tour dans l’entrée sombre du bar.

La clochette de l’entrée retentit alors pour la deuxième fois de la journée.

 

Il y régnait une odeur forte de tabac et de moisissure, assez pestilentielle. Comment des gens pouvaient-t-il boire avec une odeur pareille dans les narines, c’est infect. Théo mit sa main devant sa bouche pour se retenir de vomir. Lui si propre, si soigné, si drogué de propreté, il n’était pas du tout dans son élément et ressentait un profond malaise dû à la saleté, aux immondices, et à l’odeur… Il butta contre quelque chose d’assez mou… Un homme ! Ivre sûrement. Il faisait très noir. Comment retrouverais t-il la jeune fille. Un vent glacé lui vint et il frissonna de la tête au pied. C’est étrange, on est pourtant au printemps ! C’est très dangereux ! Il faisait sombre, très sombre. On distinguait vaguement les formes de fenêtre qui auraient probablement existée et qui existeraient encore si une couche de crasse épaisse et vielle de 50 ans au moins ne s’y était pas installé. On pouvait apercevoir auprès des fenêtres des bancs et des tables. Théo s’avança. L’odeur se fit plus forte.

Le bar était la seule chose à peu près illuminée. Il n’était pourtant que 6 heures du soir, mais n l’on se serait cru en pleine nuit ! Des lanternes pendaient d’un plafond certain pour atterrir à 50 centimètres du comptoir. On pouvait voir qu’un homme penché et essuyant ses verres s’y tenait. Un autre accoudé au comptoir le regardait, enfin du moins, dans cette obscurité, semblait le scruter.

 

* Diling Diling *

 

Il se retourna brusquement et se rendit compte qu’il s’était fait avoir. Elle avait profité de son malaise pour sortir, sans qu’il ne la voie dans l’obscurité si épaisse du bar. Théo se précipita sur la porte, il trébucha une fois encore sur l’ivre et se cogna contre la porte. Aussi vite qu’il le put, il se releva sortit et couru au bout de la ruelle. A gauche. A droite. Volatilisée ! De toute façon, elle est dans le même lycée, je la retrouverais.

 

Le lendemain, il retourna au lycée avec hâte. Qui est elle ? Elle était plutôt jolie. Pourquoi m’a-t-elle aidé ? Je croyais que jamais je ne pourrais avoir d’amis tant les gens sont stupides et que même si je m’intégrais je ne jouerais que le rôle de l’hypocrite. Alors qu’elle… elle est différente. Elle m’a sortit du pétrin et je n’ai pas envie d’être hypocrite avec elle. Je sais pas ce qui m’a pris hier… C’était vraiment trop étrange. J’ai repensé comme avant. Un opéra, franchement.

 

La chose par contre que Théo avait totalement oublié c’était de QUOI elle l’avait sorti. Il s'en rappela bien vite quand il vit Sam ou « l’abruti fini » entouré de ses amis. Aïe, je vais ramasser ce que je n’ai pas eu hier. Je le sens j’ai un mauvais pressentiment et cette fois ci cette fille ne sera pas là pour me sortir du pétrin dans lequel je me serais une fois encore fourré. En plus je ne connais même pas son nom. On se croirait dans un livre. Il passa donc discrètement le portail du lycée, veillant à ne pas attirer les regards sur lui, ce qui ne fut pas une mince affaire.

TOUT le monde le fixait depuis qu’il avait apparu au coin de la rue. Côté discrétion, c’était vraiment raté. Mais visiblement, personne ne lui disait rien et Sam ne le provoqua pas. Ils avaient peur.

 

 «  T’as vu de quoi il est capable ce type ?! », « ouais, il paraît qu’il est resté quand la police est arrivée ! et il a butté les deux flics » «  naaan sans dec’ ? », «  jte l’jure ! Faut pas se frotter à des mecs comme ça ! », « putain, balèze le mec ».

 

Voila ce qui se disait dans le lycée. Ah les rumeurs ! Ce don de déformer exagérément la réalité. Beaucoup de gens sont doués pour ce genre de chose dans le lycée apparemment.

Il n’en entendit rien et continua sa route, comme il le faisait chaque matin. Enfin non, pas tout à fait comme tout les matins. Cette fois-ci au lieu de passer et de traverser la cour sans rien voir, il scrutait chaque recoin pour voir si la mystérieuse fille d’hier s’y cachait. Au moins elle, elle avait l’air de savoir parler français. Y-aurait-il des gens qui me ressemble dans cette établissement ? Peut être… Ce serait bien, mais après ce qui s’est passé hier je doute que l’on soit sur le chemin de l’amitié profonde elle et moi. Elle me déteste aussi, c’est sûr. Et puis je n’ai pas besoin d’elle… Elle était jolie quand même…

 

Il aperçut sa silhouette dans un couloir. Elle avait des amies elle au moins. N’y faisant pas attention, Théo se précipita vers elle. Elle sursauta en le voyant et toutes ses amies prirent la fuite à l’exception d’une, Casper. Elle est dans ma classe ? Si elle connaît Casper c’est qu’elle est dans ma classe ! ? Et je ne l’ai jamais vu… A dire vrai, je ne connais aucune des têtes qui se trouvent dans ma chère et tendre classe… Toujours aussi belle, elle tourna et partit brusquement. Casper le regardait tout étonnée :

 

«  Bah alors, qu’est’c’tu fous la ? T’as pas eu des problèmes avec les poulets toi ?

- Hein ? Elle s’appelle comment ? lui répondit-il rapidement, sans pour autant répondre a la question

- Elle est dans not’ classe Mon con ! T’avais pas remarqué ?

- Euh… non

-Héé me regarde pas comme ça ! ‘scuse pour le « moncon », s’tu veux j’le r’dirais plus !

- Mais  j’aimerais savoir comment elle s’appelle !

- Elle t’fait bander ?

- HEIN ? QUOI ?! Ce n’est pas la question ! Tu détournes le sujet là ! »

 

Il avait eu l’occasion de connaître ce mot avec un de ces cousins un de ces étés passé en famille. Cela l’avait choqué mais amusé en même temps ! Il en avait rit après, mais jamais il ne l’avait utilisé ou entendu. Il trouvait ça péjoratif et d’un manque de classe énorme, et d’un manque de respect envers la personne aussi !!

 

« S’il te plaît ! Dis-moi son prénom !!!

- Oh ça jase derrière ! ça doit être parce que je te parle !Tu sais que t’es la personne la plus craignos du lycée, pourtant j’te trouve cool !

- Merci… C’est gentil, Dit il timidement, soulagé et heureux que quelqu’un remarque ses efforts

- Elle s’appelle… T’as qu’a lui demander !

- Mais ! Elle ne veux pas me parler, pas me voir ni m’écouter .

- Qu’est ce que tu lui a fait ?! C’est douteux tout ça, tu connais pas son prénom et vous vous êtes déjà engueulés, woaa, moi j’dis bravo ! c’est du lourd !

- Allez Eliane, je t’en prie, dis le moi, arrête de tourner autour du pot ( sinon, ça va encore prendre deux chapitreeuus) !!

- Eléonore.

- Merci ! lui répondit il soulagé d’enfin savoir son prénom, il sourit comme il ne l’avait jamais fait

- T’es canon quand même, elle en a de la chance ! »

 

Il rougit, lui fit un dernier signe de main et parti en cours.

 

 

A SUIVRE.

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C'est interdit. (Shonen-ai // Yaoi)  (Nouvelles) posté le vendredi 19 décembre 2008 04:56

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C'est interdit.

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Comment planter le réveillon de Noël, Alexandre, 26 ans, j’ai la solution.

Annoncer à sa famille et plus particulièrement à son père qu’on est homosexuel depuis l’âge de ses 17 ans, et qu’on a comme ami, le fils du meilleur ami de celui-ci. Génial. Quelle idée aussi. Quel idiot –appart moi- penserait à sortir sa lorsque tout le monde est attablé et entame sa dinde farcis ? Personne. Un rire amer s’échappe de mes lèvres. Personne, c’est bien ça le problème. Il faut dire que ce soir j’ai eu la descente facile. 3 verres de vin et deux coupes de champagnes. Il faut croire qu’être gay… non, « pédéraste et une sale fiote » comme le dit si bien mon géniteur est une tare, une anomalie.

Il est exactement 11H46, 47. Les rues sont désertes, normal. Il ne reste que 

la neige et les quelques illuminations de Noël qui éclairent la ville.

Je n’en reviens pas, être mis à la porte par un temps pareil… Il faut croire que ma famille, fervente catholique, possède un esprit aussi fermé qu’une huitre.

Même un chien ne serait pas traité ainsi. Ah, je retire ce que j’ai dit, en voila un, qui va surement mourir avec le froid. Il doit être abandonné, un peu comme moi.

Quelques pas dans sa direction et il s’enfuit. On fait même fuir les animaux.

J’éclate de rire. Un rire triste et douloureux. J’ai été naïf d’avoir pu croire que les meurs avaient changé en 2008. Enfin, bientôt 2009. Je m’assois à même le sol, à l’emplacement exact de ce pauvre animal. Putain de neige, c’est glacé. Je m’allonge et me recroqueville tel un condamné. Je ferme les yeux automatiquement. Le froid commence à anesthésié tout mon être. Je dois surement mériter ce sort. Ouais, dieu me punit. La douleur physique n’est rien comparé à celle de mon mental.

Vite, tue-moi, je veux partir. Je commence à ne plus pouvoir bouger, c’est

bon signe. Une douce torpeur s’empare de moi, je suis sur la bonne voix. C’est alors que mon portable vibre. Merde Jules. C’est lui j’en suis sûr. Je l’avais complètement oublié. Entre nous ce n’était pas le coup de foudre mais on s’était attaché l’un à l’autre. J’avoue qu’au début c’était plus une histoire de cul… Il va me manquer cet idiot. Les sonneries se sont arrêtées. Avec les dernières forces qu’il me reste je saisis une pierre et grave un J sur mon avant bras. Je ne sens rien : le froid m’a engourdie. Un dernier adieu.

 

Dans un semi coma, le jeune homme n’entend pas que son portable s’était

remis à sonner pour annoncer un nouveau message vocal :

 

«  Hey, Alex, tu dois surement être occupés mais voila c’était pour te dire que j’ai aussi avoué à mon père que j’étais gay. Jdois t’avouer que j’ai du boire pour me donner du courage. Mais à vrai dire, il le savait déjà, il était presque heureux que je sois avec toi. Tu ne peux pas savoir comme ça m’a fait du bien qu’il réagisse comme ça. Et le tiens, qu’a-t-il dit ? Enfin bon, voila j’ai hâte de te revoir, j’espère que c’est réciproque. Tu me manques, joyeux Noël. »

 .

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FIN.

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Salut à tous. Je me suis enfin décidée à écrire un petit quelque chose. Hé oui, ce texte a été écrit par Plaisance. Et c'est le seul... Pour l'instant. {#} Les autres sont tous de M.HEY. Je sais c'est triste (et court) pour une periode de fête mais bon. ^^'  On se sait pas vraiment si Alexandre est mort ou non puisque ce n'est pas ecrit explicitement. C'est fait exprès. Enfin dans ma tête tout est très clair. Mais je vous laisse imaginer la fin que vous préférez. Voila, bisous à tous. Je vous aime les gens.  :D

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L'élève Tornouet - Chapitre 6  (L'élève Tornouet) posté le samedi 10 janvier 2009 05:52

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CHAPITRE 6

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« T’es canon quand même, elle en a de la chance ! »

 

Waaaw, la première fois qu’on lui disait une telle chose. Mais cette phrase lui en avait appris beaucoup plus sur ses sentiments qu’il n’avait pu en deviner… Il était amoureux. Il ne la connaissait pas, il lui avait parlé une fois, c’était si étrange. Comment puis-je si je ne la connais pas ? C’est insensé !

Mais l’amour n’a pas de logique ni de raison, enfonce toi ça dans le crâne, stupide Théo que tu es !

Les cours, il ne les suivait plus depuis deux jours. Il avait appris a flâner et à balader son regard, de la fenêtre au papillon et du papillon à sa copie blanche. Mais aujourd’hui, son regard était fixe et droit, ses pensées défilaient à toute vitesse dans sa tête, s’entrechoquant et se cognant violemment. Elle, il ne regardait plus qu’elle. Si belle. De dos il la voyait, ses longs cheveux bruns tombaient en boucles désordonnées sur ses épaules. Ses épaules, frêles, qui semblent si fragiles et si chaleureuses à la fois. Eleonore,ça rimait avec Théodore, quelle coincidence ! Et puis elle savait se tenir elle au moins.

Théo baissa la tête et se rendit compte à quel point il était affalé sur sa chaise et se redressa aussitôt, gêné et confus. Espérons qu’elle ne m’ait pas vu me tenir aussi mal. Le prof fusilla théo du regard et rétorqua méchamment :

 

«  Vous filez un mauvais coton Tornouet. Arrêtez d’être aussi dissipé ! »

 

Tout le monde se retourna vers lui, qui restait fixé sur la silhouette d’Eleonore espérant de tout son être qu’elle aussi elle se retournerait et qu’ainsi il puisse voir son si joli visage. Mais non. Elle continuait d’exprimer son mépris. Elle me déteste. Elle me hait. Mais pourquoi ? qu’est ce que je lui ai fait .

 

La cloche sonna pour l’intercours. Deux heures de suite dans cette matière. Théo restait sur sa chaise, la tête baissée, il attendit qu’Eleonore sorte. Il prit un petit papier dans sa trousse, le déplia et écrivit au dos ( ou d’ailleurs il y avait déjà un petit bout de cours de physique). Tiens ça me dit quelque chose… Il retourna le morceau de papier et vit le mot, le mot qui lui disait de ne pas aller se battre avec Sam. Ce mot qu’il avait totalement ignoré d’ailleurs. Il prit un autre papier et y écrivit «  Merci ».

Il se leva, se dirigea vers la place d’Eleonore, son classeur était ouvert. Ce qu’il vit le cloua. Le… le… le mot !! C’était la même écriture !! C’était donc pour cela qu’elle lui en voulait tant ! il reprit son « merci » et retourna à sa place . Il se rassit en vitesse quand il vit Eleonore qui s’apprêtait à entrer.

Il ressortit le mot une fois encore :

 

« Ne fais pas ça, Je t’en empêcherais, Les cons c’est pas c’qui manquent… »

 

Ce message ! Il y a forcément un sens caché là-dessous, non ? Elle ne m’en a pourtant pas empêché. Et si… la… police, ET SI C’ETAIT ELLE QUI AVAIT PREVENU LA POLICE ! Ce serait bien possible !!

Bon j’ai compris les deux premiers bouts. Mais et le troisième ? «  Les cons c’est pas c’qui manquent … » ??? C’est bizarre comme phrase.

Me traiterait-elle de con ? Elle fait peut être une allusion à mon changement de comportement, à l’attitude que j’ai adopté afin de me faire accepter au sein des élèves… Ce qui n’a, à dire vrai, pas tellement marché… Avant ils se jouaient de moi, maintenant ils me craignent. Peut être suis-je si insociable qu’ils sentent que jamais il ne me parleront ou s’approcheront de moi ?! Je ne comprends pas… vraiment pas…

 

Telles étaient les interrogations que Théo se posait en silence, tout en, bien entendu, fixant désespérément la silhouette de la douce et coléreuse Eleonore.

Il replia soigneusement son petit morceau de papier, se redressa, rangea sa trousse, sortit ses affaires et suivit le cours, comme il ne l’avait plus fait depuis plus de deux jours. Ce furent les seules choses qui l’aidèrent à se sortir la jeune sauveuse de la tête. Rester concentré, ne pas essayer de la regarder, ne pas parler, juste écouter, noter, interpréter et attendre. La bouffonnerie avait assez duré. La journée se termina doucement et alors lentement, et bien sûr, Théo resta seul mais poli et bien droit.

Vers 5 heures et demi du soir, alors que la cloche venait de sonner, Théo sortit le premier et attendit à la grille.

Les cours étaient finis, la torture pouvait recommencer et voir ses beaux yeux était la seule chose qui pouvait calmer cette horrible souffrance que d’être méprisé par l’être aimé. Il espérait pouvoir lui parler, rien qu’un peu. Il attendrait, peu importe le temps, l’heure, le jour ou la nuit, il l’attendrait.

L’aiguille de sa montre à quartz pointait presque 8heures lorsqu’une voiture s’arrêta devant la grille du lycée. Théo, mécaniquement s’avança vers le bolide. C’était une belle berline, noire aux vitres fumées. Cette voiture, il la connaissait plus que bien. Elle venait la chercher de temps à autre, lorsque ses parents s’inquiétaient de ne pas le voir rentrer. Manuel, le chauffeur de la berline, était un bon gars. Un homme sympathique, la cinquantaine, les yeux d’un bleu intense et les cheveux déjà décolorés par la temps, il lui avait toujours fait penser au Père Noël, chaleureux généreux et aimable. C’était pourtant juste un homme qui en avait appris de bonnes et de mauvaises sur la vie et qui n’avait su garder que le bon côté. Théo l’aimait bien. Il ne lui avait jamais trop parlé, si ce n’était que pour dire que ces bulletins étaient correctes, que les fêtes s’étaient bien passées, mais jamais rien de privé ou d’intime. Ne jamais confondre le personnel et les amis tout comme ne pas se prendre pour l’ami alors que l’on est l’employeur, règle d’or imposée par tous.

 

«  Alors jeune homme ? qu’est ce que vous faites planté la devant la grille de votre lycée ? Vos parents s’inquiètent vous ne vous en doutez pas ?

- Si… »répondit-il brièvement

 

Manuel lui fit un grand sourire et pour la première fois depuis qu’il travaillait chez les De La Tornouet, il se permit de parler amicalement et chaleureusement à un des membres de cette famille.

« Allez mon p’tit gars ! monte devant, ce soir, je ne suis plus ton chauffeur. Vu la tête que tu fais, il est impératif d’y remédier, tu crois pas ? »

 

Théo monta et acquiesça. Ils roulèrent pendant une bonne dizaine de minutes sans se dire un mot puis Manuel se gara dans un parking pas loin d’un parc botanique. Il y faisait sombre et seuls les réverbères éclairaient un à un des petits bouts de trottoirs. Manuel s’assit alors sur un banc et Théo se dirigea tel un fantôme vers lui. Il ne pensait plus, il suivait et c’est tout ce dont il était capable de faire. Manuel le regarda et soudainement, Théo se mit à débiter toute l’histoire de Sam, d’Eleonore, de la bouffonnerie sans savoir pourquoi. Comme ça, il lui raconta tout, il en avait besoin et Manuel n’avait eu qu’à attendre, Théo était en confiance avec lui. Il ne s’était pas rendu compte qu’au fil des années, un fil de confiance et de confidences s’était intimement lié entre eux. Il… Il… il avait un … ami. Un AMI. Il n’avait plus besoin de toute cette mascarade, de tout ce tissu de mensonges, de paraître qui l’empêchait d’être tout simplement lui. Avec ses défauts et ses qualités.

 

Il n’avait plus besoin d’être nonchalant, plus besoin d’être coincé, plus besoin de trop de politesses ou de trop de vulgarités, il se découvrait petit à petit. Et Manuel le consola, lui parla, lui raconta des histoires drôles, ils rirent de bon cœur.

 

Il était heureux.

 

Tout s’effaça.

 

Il devint alors ce qu’il avait toujours été au fond de lui…aimé.

 

 

FIN

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..

 

Bonne année

Je ne voulais pas d’une fin atypique, il se retrouve avec la fille qu’il aime, elle lui pardonne et des roses et des fleurs et de l’eau de cologne…. Je vous en passe et des meilleurs. Ça aurait été trop prévisible et j’aime pas deviner la suite des films ou des livres, ça m’énerve. Qui n’aime pas être surpris. Bon pas très surprenant je vous l’accorde, mais pas ce qu’on attendait non plus :D

 

De toute façon personne ne lit mes speech xD

 

M.HEY

 

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