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Chapitre 1
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Il prit doucement sa tasse et la porta à ses lèvres. Les yeux clos il savourait à petites gorgées son cappuccino brûlant mais si doux et sucré. La mousse se déposa sur ses lèvres et il l’enleva d’un coup de langue gourmand. Sa tasse posée, il fit face à l’ennemie, la regardant droit dans les yeux, sans fléchir. Le délice lui avait donné du courage et de l’aplomb.
Elle non plus ne se laissait pas fléchir. Elle prit son air dur et le fixait la tête haute. C’était un face à face tendu où aucun des deux opposants ne se laissait intimider.
_ Ce n’est que deux mois ! Lâcha-t-il enfin.
_ Deux mois à Vingt Deux Mille Kilomètres ! Je ne peux pas te laisser partir ! IMPOSSIBLE !
_ Mais… IL FAUT QUE JE FASSE CE STAGE !
_ Tu peux très bien t’en trouver un plus près ! je sais pas moi… à Nantes ! C’est pas loin Nantes !
_ Quelle égoïste tu fais ! Peut être que j’ai envie de voyager, de découvrir d’autres choses, loin de ce bled ! Peut être que j’ai envie d’être LOIN DE TOI !
Il accentua bien les trois derniers mots de sa phrase.
Elle resta figée, son visage se décomposait lentement sous le coup de ces mots si durs. Le jeune homme marqua un temps de pause, afin qu’elle puisse « digérer » ses paroles puis repris d’un ton plus serein :
_ Ecoute, C’est une chance inespérée pour moi de sortir d’ici ! J’aime bien la France, les soirées étudiantes, les froids matins d’hiver et les capuccinos bien chaud près du radiateur, mais j’ai envie de partir. Et puis, j’ai de la famille là-bas !
_ C’… C’est pas ce ça que tu voulais dire.Si tu m’as fait venir c’est que …
_ Ah ! C’est ça que j’aime chez toi ! Ta perspicacité ! Oui c’est vrai, je ne t’ai pas fait venir que pour te dire que je partais d’ici, mais aussi pour te dire que … C’est fini entre nous.
Elle baissa la tête, rejoignit les mains sur ses genoux et cacha son visage sous sa frange blonde tandis que lui sans aucun scrupules, appuyait son coude sur la table, soutenant sa tête et la regardant d’un air déçu.
Il paya et partit.
* Voila une chose de fait, je n’ai plus de cruche qui me retiens ici. Je vais pouvoir partir. Allons, ne nous attristons pas sur elle. Elle l’aura… En quelques sortes… Cherché ! Fallait réfléchir avant de me filer son numéro. Et elle espérait que je la console aussi ? Comme quoi 3 mois avec elle c’est bien trop. Pourtant j’ai pas été fidèle ni irréprochable. Elle aurait pu me larguer depuis bien bien longtemps. Elle le fait pas, je lui pique le tour. C’est le jeu.*
Oui, Antoine prenait l’amour pour un jeu. Il allait, venait, torturait, délaissait, trompait et enfin larguait. Il ne respectait aucun cœur et n’en avait... pour ainsi dire, pas moins. Les seules et uniques règles du jeu étaient:
Ne pas se laisser embarquer sentimentalement
Ne pas faire des projets
Ne pas dépasser 2 mois
C’était le code qui régissait sa vie sexuelle, pour ne pas dire amoureuse. Il avait violé le code et voila ce qui était arrivé. Au début de sa découverte des femmes, du plaisir et de la séduction, il n’y avait aucune règle, aucune. Il n’aimait pas vraiment mais s’attachait. Après quelques expériences douloureuses, ou mal vécues, il s’imposa à lui-même des règles. Personne n’avait d’importance, à part quand il pouvait goulument prendre son pied et s’amuser. Les rares personnes qui avaient de l’importance pour lui ( sans lui apporter quoi que ce soit) étaient quelques potes et sa famille quand même.
Il remonta l’avenue et se posta devant un arrêt de bus. Il attendit un bon quart d’heure, son Ipod dans les oreilles, les yeux rivés sur les voitures qui passaient. La musique passait sans qu’il l’écoute vraiment, comme un fond sonore. Une vieille dame s’assit alors à côté de lui.
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La japonaise commanda « a juice » dans un très mauvais anglais à l’hôtesse de l’air, qui marqua un temps de pause comme pour comprendre. La jeune fille prit un magazine français et commença à s’extasier avec enthousiasme dessus, même si elle ne pouvait rien comprendre… Antoine remua la tête en signe de moquerie et prit un air de « et dire que c’est comme ça depuis des heures… ». Elle était belle cette serveuse. Très respectueuse des préjugés sur sa profession, elle concordait parfaitement ave l’image qu’on s’en faisait : Belle, élancée, aimable. Ses cheveux blond tirés et son tailleur bien ajusté la rendait plus belle encore et fit rire gentiment Antoine qui se rappelait des films qu’il regardait, les premiers américains ou des drames et des accidents se passait dans l’avion, où toute les hôtesses de l’air avaient la même tête, la même coiffure.
Antoine, les écouteurs à usage unique dans les oreilles regardait par le hublot tout en écoutant les sketches d’humoristes français qui passaient en boucle depuis 3 heures au moins. Bientôt il connaîtrait toutes leurs blagues par cœur. Ça va l’avancer dans son stage, qui sait ? Peut être que ça lui ouvrira des portes dans une industrie internationale minière !
Déjà plus de 10 heures de vol au moins. Il ne savait pas depuis combien de temps il était cet avion, mais une escale de deux heures a Tokyo avait déjà été faite, embarquant ainsi plus d’une vingtaine de coréens, japonais, chinois, tout ce que vous voulez qui peut avoir les yeux bridés et qui parle anglais avec un de ces accents…Pour arriver a destination 22 heures de vol en tout était nécessaire. Il n’aimait pas particulièrement l’avion mais bon. On y était serré comme des sardines, on ne pouvait pas s’allonger, les écrans de télévision des airbus étaient si petits qu’on se crevait les yeux pour voir un film et des enfants dissipés braillaient depuis 10 minutes au moins. Le seul point positif était la magnifique hôtesse de l’air qu’il ne manquait pas de reluquer à chaque passage, comme les petits vieux pervers de l’avion d’ailleurs, où les jeunes adolescents puceaux… Il ne faisait pas parti de ces deux classes là, se disait-il, soulagé. Lui il était plutôt, Don Juan, séducteur. Mais attention, pas frimeur. Il avait conscience de sa beauté et de son intelligence ( rien que ça…) mais n’en abusait pas pour autant. Il savait se montrer naturel et distant. La drague de lourd ce n’était pas son truc, d’ailleurs la drague tout court, il ne pratiquait pas. Ce… Don Juan restait simplement lui et n’usait d’aucun artifice, d’aucune phrase tirée d’un James Bond ou autre et surtout d’aucune métaphore ou comparaison, aussi poétique soit elle. Antoine trouvait cela stupide et sans intérêt… à part pour vous ridiculiser évidemment !
Sinon, l’avion n’était pas ce qu’on appelle le top, ni la classe affaire d’ailleurs… Mais enfin bref, dans quelques heures il serait sous les Tropiques, au soleil, sous des températures agréables, il pourrait profiter de la plage et autres loisirs de vacanciers. Bon, Antoine n’était pas en « vacances », mais en stage, en stage ! Il ne fallait tout de même pas l’oublier.
A SUIVRE
PS: Merci pour la faute Léonie ;) !
C'était choquant effectivement !
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