L'élève Tornouet

L'élève Tornouet - Chapitre 1  (L'élève Tornouet) posté le samedi 27 septembre 2008 02:45

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CHAPITRE 1

 

« Tornouet, que pensez vous donc des actions élaborées par des organisations terroristes à l’encontre des pays du Nord ? »

 

Le professeur, lui sourit d’un air mesquin. Les professeurs sont toujours du côté des bons élèves, c’est connu, mais jamais du côté de l’élève Tornouet. Le pauvre garçon, sujet aux rires et moqueries il ne ratait jamais un jour d’école, supplice ou pas. C’était un bon élève, et même un excellent élève mais étrangement, il nourrissait des sentiments peu communs à l’égard des professeurs. Il s’exprimait de façon châtiée, portait toujours des tenues impeccables. On aurait pu croire qu’il avait le look d’un « intello », ou d’un «  keeno » comme certains s’amusaient à le surnommer. Mais pas du tout, bien au contraire, il ne portait point de lunettes et ses vêtements sortaient toujours de la dernière collection d’un magasin très côté chez la jeunesse dorée.  Il n’avait rien de répugnant, rien de suspect. Il était tout ce qu’il y a de plus normal hormis sa richesse de vocabulaire, d’esprit et de patrimoine familial. En effet, il n’était pas né dans n’importe quelle famille. C’était un aristo, certes, mais il ne le montrait pas et sous aucun prétexte ne s’en vantait, ce qui aurait normalement provoqué la jalousie des autres. Il était même inscrit sans le traditionnel «  de la … » des nobles. Bizarrement, cette jalousie il se l’attirait tout seul, sans rien faire, sans rien laisser paraître, juste comme ça. C’était vraiment trop étrange. Il était plutôt beau mais aucune fille ne s’intéressait à lui, même les pires cruches qui puissent exister. De toute façon il s’en fichait.

 

Ce qu’il ne supportait pas, c’était s’exprimer devant tout le monde, car il savait qu’il allait encore s’attirer les moqueries. Il ne bégayait pas. De toute façon quoiqu’il dise, le professeur lui rira au nez et les autres élèves aussi, alors autant s’exprimer clairement et rester fier.

 

« C’est une ignominie » déclara t’il calmement.

 

Le silence qui pesait sur la classe fondit immédiatement en un rire collectif et méchant. L’élève Tornouet ne le comprenait pas ce rire. Qu’y a-t-il de si drôle à penser quelque chose de juste envers ses actions si répugnantes à ses yeux ? Certes, ils pouvaient bien rire si ils le voulaient, De la Tornouet s’en fichait, si je puis dire, « royalement ». Puis les moqueries fusèrent du genre «  Hé, t’sais pas parler normalement bô ? » ou bien «  ‘Gad le truc ! inomachin, qu’est c’qui bave c’lui la ? » Suivi de rire. Mais là, quelque chose déplu fortement à Tornouet, et cette chose, c’était que l’on se moque de sa famille ou de son nom. Un jeune homme de sa classe dont il ne connaissait même pas le nom riait d’un rire gras et lui lança :

 

«  Bah alors, Ta mère pète dans la soie alors tu baragouines n’importe quoi ? ‘Culé de Torchecul !  »

 

Tout le monde se tut. Tornouet, rouge de colère se leva d’un bond, se dirigea vers le fond de la classe et renversa la table de son camarade. Jamais une telle folie ne l’avait envahit à ce jour. Il répliqua avec haine :

 

«  Je ne te permet pas de te moquer de ma famille. Je parle français moi, ça te dérange ?

Espèce de crétin, tu ne sais même pas aligner deux mots sur ta copie alors cette horrible chose qui te sers de bouche, tu ferais mieux de la garder fermé. Abruti fini. »

 

 

 

Première fois que sa classe l’entendait parler avec tant de hargne. Il n’avait pas été grossier, ni  menaçant mais ils furent tous bouche bée devant cette personne qui, si correctement et poliment avait fermé le clapet de cet énergumène. Le regard haineux et la démarche excédée, il se dirigea vers son bureau, s’assit. Le professeur, tout aussi impressionné que les élèves ne pipa mot et la cloche sonna. De la Tornouet rangea ses affaires avec discipline et sortit le premier bien avant que le professeur n’ait le temps de donner les cours pour le lendemain.

Pour dire vrai, l’élève Tornouet avait un prénom. Même si seule sa famille le nommait ainsi par son prénom, il est vrai qu’il l’entendait rarement chez lui tout de même.Théodore, prénom plutôt rare chez les aristos !

 

Il rentrait chez lui à pieds tout les soirs, et, sur le chemin du retour, il repensa à cette altercation qui avait eu lieu en classe. Il eut tout à coups honte, honte d’avoir explosé ainsi et d’avoir montrer sa fureur. Il se remémora ses paroles et se trouva grossier, bien qu’il fut tout de même bien plus respectueux que n’importe qui insultant quelqu’un d’autre ne put l’être.

 

C’était la première fois que le contrôle de lui-même lui échappait et qu’il laissait ainsi tout exploser sans se soucier du professeur et des autres élèves. Cet incident, car ce fut pour lui un terrible incident, il le garderait pour lui, comme pour toutes les humiliations ou moqueries que les gens peuvent lui proférer. Il ne dirait rien non, à personne comme d’habitude. Il avait apprit la solitude comme tout le monde, seul. Il n’avait ni frère ni sœur et ainsi tout l’héritage de ses parents et de sa famille entière reposait sur ses épaules. Pour se rassurer du vide amical qui l’entourait, il pensait à l’avenir. Oui, il n’était pas horrible, même plutôt beau (et il souriait intérieurement à cette pensée, se moquant de cette modestie ironique), il était riche, intelligent, poli… Que demander de plus ? Il n’avait pas eu d’adolescence difficile, pas d’acné, pas  de conflits avec ses parents, mais surtout, à son grand désespoir, pas d’amis …

Tout le reste n’était pour lui que futilité, il avait changé trois fois d’établissement en deux ans, à la demande de ses parents. Il se trouvait pourtant dans un de ses lycées huppés de nouveaux riches aux enfants mal élevés par le laisser allé de la population entière. Oui il désespérait, pas de copine, pas d’amis, il se disait parfois que, même si on s’intéresserait à lui pour son argent il serait content, et par la suite, il se disait qu’il était stupide car il vaut mieux être seul que mal accompagné. Il était alors né en lui un égo si énorme, à force de se consoler en se disant qu’ils ne méritaient pas sa gracieuse compagnie, il se rendit compte qu’il devenait prétentieux, alors, il désespéra encore plus qu’avant.

 

Toujours dans son trajet intérieur et de la maison, il se mit à penser que si il parlait comme eux, qu’il se fondait dans la société, peut être qu’il se ferait bien plus accepter que maintenant. Ça ne POUVAIT pas être pire de toutes les manières qui soient. Il prit alors une grande résolution ! En rentrant chez lui il essaya d’utiliser toute les expressions malsaines et horribles qu’il avait entendu de la bouche de ses camarades à bon escient et au bon moment. Il s’entraina ainsi à dire «  hey, t’fais quoi de hype* bô ? » ou bien «  Ceb ceb, tranquille mais, t’es pas v’nu en scoot bô ? ». Il avait toute la bonne volonté du monde, mais l’accent n’y était pas encore, pour lui, le ton était encore un peu trop… forcé.

 

Le lendemain, il revint a l’école, « gonflé à bloc ».La veille, il avait visité des blogs sur internet afin de s’imprégner au maximum du dialecte, qu’on ne peux pour rien au monde appelé «  français ». Il avait failli vomir en voyant ces choses, tout comme «  ier, alé a la pissine, tro cool koi, avc ma sista sa gèr, ct tro tro tro bi1 , jtm 444 ». D’ailleurs, certains sigles lui avaient échappés, ne sachant comment les « traduire ».

Il arriva donc au lycée, passa devant « l’abruti fini » comme il l’avait si bien dit hier qui lui en voulait « à mort ». Il fit comme si de rien n’était, et s’assit à son bureau calmement, sûr de lui et de ses connaissances acquises la veille.

 

A SUIVRE.

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L'élève Tornouet - Chapitre 2  (L'élève Tornouet) posté le jeudi 13 novembre 2008 02:48

Ndt : « Bô » ? vous n’avez pas ça en France ? Et bien…

c’est l’équivalent de mec, ils mettent ça a toute les phrases,

personnellement je trouve ça ridicule ! Et merci pour

ton soutien chacha ! u_u

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CHAPITRE 2

 

Je sais ce que je dois faire, je dois juste répéter… REPETER ! pas difficile, non ?  Je me suis documenter sur le sujet, il n’y a pas de raisons pour que je n’y arrive guère… RAAAH, mais je ne fais aucun progrès, c’est PATHETIQUE, non, non… C’est nul, oui euh OUAIS c’est cela… allez courage, fais toi accepter.

 

C’est ce qui tournait et retournait dans la tête de Théodore sans relâche ni répit. Il avait beau se dire qu’il n’avait besoin de personne, qu’il valait mieux être seul que mal accompagné, l’évènement de la veille l’avait fait réfléchir. Il était persécuté par ses camarades. C’était clair et net, il DEVAIT se faire accepter. Il avait lu sans grande convictions les récits passionnants d’ados boutonneux, amoureux, ou perdus avec leurs expressions et leur jargon. Il faut être vulgaire pour se faire accepter… Certes, il le deviendrait. Trop fier pour devenir le souffre douleur, me laisserais pas faire !

Cours de français… pour changer. Devant la porte, dois-je rentrer ou ne dois-je pas ? Toute la classe était planté devant la porte, la sonnerie avait déjà retenti depuis plusieurs minutes et le professeur restait patiemment dans l’encolure de la porte a regarder les retardataires passer. Théo, ainsi c’était il dit qu’il se prénommerait, pour faire plus « cool » , se demandait s’il devait ou non rentrer dans la classe. Le prof le disputerait s’il arrivait en retard. Mais les autres ? Comment faisaient-ils eux ? Il resta donc en retrait afin de rentrer en dernier dans la salle de classe. Le « prof » fut surpris de le voir entrer en dernier. Le petit Tornouet, si ponctuel d’habitude. Il ne manqua pas de le charrier sur ce point.

 

«  Et bien très cher ? Comment dîtes-vous être en retard dans votre parler si châtié ? »

 

Que faire ? Répondre poliment ? Ignorer ? « Renvoyer balader » ?

Il opta pour la solution  « renvoyer balader », à la consonance vulgaire.

 

«  Fais pas chier »

Le Torchecul se révolte ? La classe faisait les yeux rond et le prof restait sans voix, sidéré par ce manque de politesse de la part de cet élève si coincé par des protocoles et des traditions de snobinards. Etonnant ! Le prof ne disait plus rien. La classe non plus d’ailleurs, tout le monde était sidéré. Théodore resta planté devant le prof. Ce n’est peut être pas la bonne chose a fait dans ces conditions. Il décida donc de se diriger vers une chaise libre du fond entre Jo le redoublant qui bouffe tout ce qu’il voit et Eliane dite Casper tant elle était présente en cours (sa présence d’ailleurs était étonnante elle aussi mais Tornouet monopolisait l’attention).Il n’oublia pas de se tenir bossu, de regarder ses pieds, de porter son sac d’une façon qu’il qualifiait autrefois de nonchalante.

Arrivé devant son bureau, il ne sut comment s’asseoir, il regarda autour de lui… Tout les regards qui étaient pointés sur lui se détournèrent aussitôt pour ne pas croisé le sien, meurtrier et insolent. Il ne s’en rendit pas compte et fit racler sa chaise dans un vacarme assourdissant. Le prof l’ignora platement, tout comme lui. Théo tomba sur sa chaise avec le plus grand des mépris. Il était fier de lui. Le prof l’aurait encore charié mais il n’en fit rien. Je m’améliore de seconde en seconde, bientôt j’aurais des amis !Je ne serais plus cet espèce de bête de foire qui les faisaient tant rire… ou plutôt marrer. Il se tenait mal et laissait son sac sur le bureau, sans prendre la peine de sortir ses affaires. Ah si quand même, il s’accorda le luxe de sortir sa trousse et une feuille, au cas où.

« Hey ! pssst, a côté ! »

Tornouet tourna la tête. Sa voisine la championne des absences de sa classe lui parlait.

«  Ouais, toi, tu t’appelles comment ? »

Aïe, le test fatal. S’exprimer. La chose la plus complexe qui existe en ce bas monde. S’exprimer dans leur langue, sans accent et sans avoir l’air ridicule. Sinon, son magnifique surnom sera réintégré au sein de la classe : Torchecul. Il répondit avec calme essayant de dissimuler sa difficulté avec laquelle il avait à parler ce dialecte. Il se croyait dans un autre pays à dire vrai. Il fallait qu’il pense non-cha-lance, nonchalance, NONCHALANCE.

« Théo, et toi ? répondit il à son grand étonnement avec le plus naturel des tons.

-Eliane, mais bon, tout le monde m’appelle Casper ! t’es nouveau ?

- A dire vrai…

- Hein ? »

ZUT, il avait fauté, il fallait rattrapé ça !

«   Bah non, chuis pas nouveau ! et toi ? j’t’ai jamais vu !

- A mais oui ! Je vois qui t’es, Torchec…non Théo !! oui ! s’étonna-t-elle.

- Ouais… ça m’fais chier qu’les gens ils m’appellent comme ça.

- T’as raison c’est bizarre. T’es normal pourtant.

- C’est ptet parc’que t’es pas souvent la qu’tu sais pas…

-Bah ! En tout les cas, j’te trouve vachement sympa et ils ont pas raison les autres de t’emmerder, de toute façon, t’es plus fort qu’eux, pourquoi tu leur casses pas la gueule a ces vantards ? »

Mince, je n’ai pas tout compris ! Comment je fais. C’est quoi ça « vantards » ? « Casser la gueule », je crois que j’ai vu ça dans un film, les méchants on frappé le gentil ! Quoi ? elle veut que je frappe quelqu’un ?

«  Je suis contre la violence »

Elle lui lança un regard de surprise et d’interrogation.

«  Ah bon ? Pourtant t’aleur, on a tous cru qu’t’allais tabasser tout l’monde ! 

-Ah… »fit il sans trop comprendre ce qu’elle venait de lui dire.

 

La conversation s’arrêta là. Le prof ( ça y était, Théo s’était fait à ce mot, le « prof ») débitait toutes sortes de chose sur un écrivain très renommé, mais on ne sut jamais lequel, il oublia de mentionner son nom, ou alors, on oublia de l’écouter. C’était comme ça alors les cours ? Théo vit tout ce qu’il ne voyait pas d’habitude. Les boulettes de papiers, les mots qui circulent, les gens qui mangent, ceux qui boivent, les autres qui écoutent la musique, les élèves qui dessinent, ceux qui dorment ou qui taguent leurs tables affalés tels des macaques ne sachant pas se tenir assis. Il vit aussi les oiseaux à la fenêtre, les chewing gum déposés illégalement sous les tables par ces camarades. Le prof qui se curait le nez en parlant de son écrivain mystère, puis les oreilles, pour qu’enfin il finisse par se ronger les ongles de cette même main très active… Ce prof était dégoutant. Tout ça il ne le voyait pas, tout ce qu’il retenait son attention avant c’était sa copie, sa chère et tendre copie où il notait tout avec tous les détails qu’il pouvait attraper au vol. C’était… fascinant. Il n’aurait jamais imaginé que la classe pouvait être dans une telle effervescence dans le cours habituellement soporifique de français. « C’est fascinant mais en même temps si… je ne saurais décrire cette impression que j’ai. » Théo se sentait comme un chercheur observant analysant et interprétant des phénomènes inconnus qu’il scrute et décrit dans le moindre détail. Il se sentait toute chose. Il avait l’impression d’être un éminent chercheur qui découvrait quelque chose d’extraordinaire, d’invraisemblable et qui tentait de le décrypter.

Les deux heures de français passèrent à une vitesse quasi lumière tant il était absorbé par ces…humains.

 

A SUIVRE.

 

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L'élève Tornouet - Chapitre 3  (L'élève Tornouet) posté le vendredi 14 novembre 2008 03:23

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CHAPITRE 3

 

Récréation. Est-ce un mot que l’on peut encore utiliser au lycée ? On va dire que oui.

 

Le prof ne pipa mot. Théo fit celui qui s’en fichait royalement même s’il se demandait ce qu’il lui arriverait sur son bulletin scolaire.

Il sortit donc. Personne ne se moquait de lui. Ça jasait plutôt. Qu’est-ce qui arrive à Torchecul ? Mais chhh, tu vas te faire tuer si tu l’appelle comme ça. Comment il s’appelle en fait ?

Il passa devant eux avec indifférence. Ils cherchent mon vrai nom, c’est … cool. L’abruti fini était déjà devant, loin dans les escaliers. Il se précipitait presque à l’extérieur du bâtiment pour inhaler une bouffée d’air non polluée par le français. Théo l’observait. Il le suivit même. Pourquoi ? ah bah ça ! il se sentait gêné pour hier et voulait lui montrer qu’il n’était plus le torchecul qui pétait dans la soie, comme il l’avait si bien dit. Quelle poésie se disait-il ironiquement. Ça vaut tout les Victor Hugo du monde ! Il se sentait léger et se dirigea au milieu de la cours, où se trouvait l’abruti fini dont il ignorait totalement le nom et ses « potes ». Un des potes le montra du doigt et tous lui tournèrent le dos. Ils essayent de m’ignorer ? ils me craignent ? Il fit alors comme il avait appris, il donna un coup d’épaules à l’un puis a l’autre afin de s’incruster dans le rond. Ils arrêtèrent tous de parler. Plus un mot. Cependant ils ne se dispersèrent pas non plus. Ils restaient à le regarder puis l’abruti fini se mit à rugir sur Théo, à le provoquer en duel.

 

«  Bah alors Torchecul ? Tu te rebelles ? T’as renvoyé chier le prof de français alors tu t’crois tout permis ? Casse toi t’as rien à faire ici ! »

 

Pas tout suivi… En plus il m’a postillonné dessus. Il lui dit alors ce qu’il avait à lui dire depuis le matin même, d’une voix calme sereine sans aucune peur :

 

«  Tu t’appelles comment ? J’veux dire, a part abruti fini ?

- Que…. Quoi ? Tu… tu m’cherches ? T’veux pisser ? »

 

Deux de ses potes le retenaient pour ne pas qu’il se jette sur Théo. Il le regardait avec ses grands yeux bleus, ronds d’étonnement. Cette fois ci, il comprit ce que l’abruti fini lui avait dit. Lui qui voulait savoir son prénom et peut être à l’occasion s’excuser. Il veut me provoquer. C’est une lettre de duel, me tuer, me frapper. Il fit comme il avait fait quelques dizaines de minutes auparavant :

«  Je suis contre la violence.

- Mais qu’est c’tu bave ? Tu viens m’faire chier, tu m’insultes tu m’provoques et après tu te défiles ! T’es vraiment qu’un connard d’aristo. »

 Théo essuya sa joue dans un geste et une grimace de profond dégout.

«  C’est toi qui bave, crétin »

 

L’abruti fini se débattit et un autre de ses potes dût s’y mettre pour le retenir tant il voulait fracasser la tête de c’t’enfoiré d’richard. L’enfoiré d’richard, comme il le pensait si fort, le regardait paisiblement, calmement.

 

«  Arrête Sam ! Tu vas te faire virer si tu te bats ici !

- Ta gueule toi on t’as pas sonner !

- Il a raison, tu ferais mieux de l’écouter… » Lui dit Théo en s’éloignant. 

Le dénommé Sam ou Abruti Fini, se dégagea violemment de l’étreinte de ses copains pour montrer du doigt et pour rugir de colère tout en débitant un flot de menace sur Théo :

«  Enculé, j’t’attends a la sortie, tu vas chier sale connard »

 

Pour toute réponse, Théo toujours de dos lui fit un signe de main et lui répondit :

«  A plus alors ! »

 

Il alla s’acheter a boire et essaya de ne pas se faire remarquer du reste de la journée. Les oiseaux ne l’ennuyait pas et ses camarades non plus d’ailleurs, il dessinait sur son cahier, griffonnait et toute sortes de choses. Beaucoup de choses dans une même journée, se disait-il. Trop même, si ça continue je vais mourir a la fin de la semaine, mais pour l’instant je ne me débrouille pas trop mal. Je suis intelligent, je me demande pourquoi je n’ai pas essayé de décrypter leur dialecte plus tôt… Enfin bref.

Ce fut en cours de science et vie de la terre, en dernière heure de la journée, qu’il se passa quelque chose d’inattendu. Il avait oublié l’incident de la matinée et rêvait encore des années à venir dans la société où il aurait des amis… son rêve, quand une boule de papier atterrit  sur sa table. Douteux. Tant de fois des boules de papier avait volés dans la journée, il avait observé ce rituel de sa chaise. Il doit le prendre et l’ouvrir discrètement car dedans et écrit un mot qui lui est destiné, à moins que l’expéditeur ait très mal visé…. Il n’y avait personne aux environs, cela ne pouvait être que pour lui. C’était presque comme si des larmes lui montaient aux yeux… Le résultat d’une dur labeur d’insertion, d’une journée de folie, et enfin, une deuxième personne lui parlait de son plein gré, mais qui ? Sur le mot était écrit :

 

«  …concentration déterminée s’effectue soit…

         Techniques nécessitent l’emploi de mat... »

 

HEIN ? mais qu’est ce que c’est que ça ?

Il retourna le papier, ouuuf, le mot qui lui était destinée était écrit à l’envers… Pas très malin. Et puis, qui serait près à déchirer son cours de physique pour moi ? Pas beaucoup de monde, à part si c’est pour des insultes.

 

«  Ne fais pas ça, Je t’en empêcherais, Les cons c’est pas c’qui manquent… »

 

Oh subtile. Qui s’est donné autant de mal pour m’envoyer une énigme. Trop aimable. Il parcourra la salle du regard à la recherche de l’éventuel expéditeur. Personne ne tournait la tête vers lui pour voir s’il avait lu. Il se souvint alors des menaces. Mince ! ça sonne dans 10 minutes, qu’est ce que je vais faire, j’vais quand même pas me battre ! Je ne sais faire que de l’escrime, la lutte ça m’intéresse pas moi !

Bien sur, sa famille l’avait formé pour être un bon convive, un bon hôte, un bon adversaire et un bon compagnon. Pour cela il avait appris à se tenir, à parler, à recevoir, à commander, à cuisiner même. Les leçons d’escrime, de savoir-vivre et même de séduction lui avait été imposées dès son plus jeune âge. Son père trouvait cela ridicule, mais sa chère et tendre mère avait insisté pour que chacun de ses enfants sache tout cela. Le plus assidu de tous ses enfants était, je vous laisse deviner aisément, le très aimable Théodore. Le plus brillant et gentil de tous.

Fini les souvenirs, les leçons, maintenant tu es devant ta mort prochaine. Tu es une autre personne. Ce n’est plus le moment d’être nostalgique. Tu aimes ta famille, mais tu t’aimes toi aussi … Tu veux que l’on t’aime et tu as toujours fait tout pour attirer l’attention de Mère sur toi. Les autres tu t’en fichais. Aujourd’hui, les autres, ils te maltraitent. Ne te laisse pas faire, ne sois pas faible. C’est ce que Mère voudrait non ? je suis certain que oui. Je vais affronter mon destin. Bien en face, je ne vais plus ignorer, ou sourire par politesse. Je ne vais plus être l’hypocrite qu’on a formé à recevoir,  à être aimable, à bien parler… Je vais être ce que j’ai toujours caché. Moi.

Dans cette conversation intérieure, le débat prenait forme. Qui suis-je ? Toujours la même perpétuelle question que chacun se pose. Tout ce qu’il voulait prouver c’est qu’il n’était pas un lâche, pas un aristo qui ne fait que profiter de l’argent de ses parents, pas un gosse de riche qui n’a qu’à claquer des doigts pour avoir un verre de lait. Mais, si en réalité, il l’était ?

La cloche sonna.

Ton destin affronte-le.

 

A SUIVRE.

 

 

Pour répondre à Chacha,  Je viens d'un petit archipel paumé dans le Pacifique nommé Nouvelle Calédonie =) bon j'exagère c'est pas si paumé que ça mais bon ... ( c'est entre l'australie et la nouvelle zélande ; D )

(Plaisance aussi!).

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L'élève Tornouet - Chapitre 4  (L'élève Tornouet) posté le samedi 15 novembre 2008 08:49

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CHAPITRE 4

Devant le lycée, un attroupement s’était formé. Tout le long de la journée, la rumeur d’un «  combat sanglant entre deux extrêmes » s’était propagée. Bien évidemment, les curieux ne manquaient pas à l’appel, ni les copains, supporters de Sam, son fan club (oui il avait un fan club, c’est bien dommage que je doive le défigurer, se disait Théo devant toute cette mascarade) ni, bien sur, la classe, qui avait assisté à leur première altercation ainsi qu’à la provocation en duel. On se serait cru dans un manga, chuchotait certains.

Beaucoup de monde pour Sam, et personne pour Théo. D’ailleurs c’est qui celui la, Théo ? Un nouveau ? Il a provoqué Sam ? C’est un malade ce type ! ouais trop, on se cotisera pour une fleur à son enterrement, son courage vaut bien ça… C’est ce qui se disait dans la foule.

 

Sam, de son côté fulminait de rage et d’impatience. Je vais l’éclater, je vais l’éclater c’t’enflure, il va me le payer, le tuer même, l’étrangler, oui… L’étrangler. Il riait d’un rire satanique et féroce. C’en était effrayant, était il fou ?

De son côté, Théo ne savait que faire ! Avait-il peur ? Pas vraiment. De son naturel serein, il ne paniquait pas souvent. Plutôt indifférent et insensible de l’extérieur, il paraissait sûr de lui et plus que calme, contrairement à Sam, intenable… Il regardait encore, observait et décryptait pour la énième fois de la journée, fasciné encore une fois par un nouveau rituel adolescent découvert.

Il ne savait pas comment il allait se dépêtrer de cette situation, et comment surtout il allait survivre… Sans épée, un escrimeur n’est rien. Oublie, oublie tout ce que tu as appris, sers toi de tes poings, de ta rage, de ta force mentale et tout ira bien. Il commençait a paniquer, un peu, à ressasser le souvenir d’une bagarre probable qu’il avait vécu dans le passé.

 

Il devait avoir 5 ou 6 ans, c’était avec l’un de ses cousins plus grand de 1 ans et 15 cm. Oui, il s’en souvenait encore, qui avait gagné ? Qui avait perdu ? Je crois que c’était moi, plus trop sûr en fait. C’était un après midi de décembre, froid, dans le domaine familial tout le clan s’était regrouper pour fêter dans la joie et la bonne humeur La grande fête de noël, majestueuse et toute en finesse. C’était si beau, ces décorations, ces rires. La cause de cette dispute ? Stupide a son avis puisqu’il ne s’en souvient pas. Son cousin avait perdu une dent et il avait gagner un œil au beurre noir. Ils s’étaient tout deux fait disputer et puni de dessert. Pas longtemps d’ailleurs… Je m’étais jeté sur lui, l’avait fait basculé et étant au dessus j’avais l’avantage ( quelle mémoire :o). Oui, c’est comme cela qu’il faut que je m’y prenne, le déséquilibrer ! Il est si grand, comment faire ? Je l’ai fait une fois, une seconde fois ne sera pas de trop !

 

Tout alla si rapidement, la foule s’écarta pour le laisser passer et se referma sur lui, tel une gueule de loup qui se referme sur sa proie. Il n’eut pas le temps de comprendre que ça y était, l’assaut était bel et bien lancé. Ils se trouvaient maintenant face à face. Sam jubilait de plaisir. J’vais enfin pouvoir l’aplatir.

Cependant il ne se jeta pas tout de suite sur lui. Il attendait, faisait monter le suspense pour pouvoir bien l’écraser, le tabasser devant tout le monde. Il les faisait patienter, en ruminant encore et encore son processus de meurtre auquel il avait réfléchi avec acharnement toute la journée. Il était comme fou. Il le voyait, ce petit con, devant lui, bien droit qui le regardait de haut. Ah le salaud, je vais lui régler son compte a celui la, ça lui apprendra à s’la jouer richard le p’tit aristo ! Tu vas morfler sale con.

 

Il n’était qu’à 2 ou 3 mètres devant lui. J’attendrais qu’il coure sur moi afin de la déstabiliser. Les cris d’encouragements, de provocations, de mises à mort du Torchecul redoublaient. Théo se demandait si un « discours » allait être prononcé par Sam pour bien évidemment, provoquer Théo et faire le dur devant la foule. C’est le protocole. Enfin, c’est ce qu’il supposait.

Les gens ont beau se croire libre et dénués de toutes lois, ils appliquent toujours des règles et autres sans s’en rendre compte. Ils y obéissent spontanément sans même penser qu’il est possible de faire autrement. Ils sont alors bien stupides de se déclarer «  libre » ou « hors des règles » car le monde n’est régi que par des codes et seulement par des codes. Il suffit d’en comprendre le fonctionnement, le déroulement. Même si on ne prend pas toujours conscience de ce règlement intérieur de cette hiérarchie humaine, ont le fait, parce qu’on a toujours vu faire comme cela. Un monde sans pouvoir ? Sans classement ? Est-ce possible ? On essaye d’imaginer, mais pour que ce genre de chose arrive, il faudrait que les personnes telles que Sam ou les curieux soient absent de ce monde. Il faudrait un monde où il n’y aurait que Moi. Et pour cela je vais leur montrer.

 

«  Espèce de minable ! Tu t’es pointé finalement hein ? T’es pas aussi lâche qu’on l’aurait tous cru !

-…

- Tu vas morfler sale connard ! »

 

Ah, la phase des insultes, je suppose qu’il faut que je réponde avec le même entrain et la même vulgarité… morfler ? ça ressemble a Morve comme morver, ça doit être un synonyme… ou alors je comprends mal, on tente le coups !

 

«  Sans rigoler ? Tu veux morver, ah mais j’t’en pris on est pas à ça près !

- MAIS T’ECOUTES PAS CE QUE J’DIS OU QUOI ?

- Moi ? ah si ! Pourquoi tu m’entends pas bien ? tu veux un coton tige ? J’en ai pas la désolé, je ne me balade pas avec ce genre de chose !

- Mais il est CON ou il le fait exprès ! JE VAIS T’EXPLOSER ENFOIRÉ ! »

 

Théo n’eut pas de mal a comprendre cette fois encore. Sam se rua sur lui tel un gorille enragé. La gueule ouverte, la bave dégoulinante, les yeux exorbités, comment il a fait pour avoir un fan club franchement. Les bras en avant il essaya d’empoigner le cou de Théo afin de l’étranglé. Trop sûr de lui, il fonça, et Théo attendit le dernier moment pour se baisser et lui donner un coup de tête dans le thorax. Il passa sous son bras avant qu’il ne les resserre sur son torse pour hurler de douleur, et Théo, lui, se retrouva derrière lui. Plus personne n’encourageait personne. Rien compris, tout c’était déroulé si vite. On peut dire que l’escrime ça vous donne en rapidité. Théo remercia alors sa douce mère pour ses pénibles heures d’entraînement.

 

A genoux, Sam commençait à se relever et se tournait doucement vers Théo, toujours aussi calme et plus que reconnaissant envers cette chance unique qu’il avait d’être lui.

Une sirène commença à retentir dans la rue. V’la les keufs, vite on s’tire. La foule se dispersa à une vitesse fulgurante.

 

«  Sam, on s’tire, vite, sinon tu vas encore t’en prendre plein la gueule par ton père ! 

- Putain, sale chieur, j’te tuerais, j’te l’promets »

 

Ses potes l’aidèrent à se relever et ils partirent sur leurs bolides.

Il ne resta plus que lui, Théo, seul devant l’entrée du lycée, les sirènes clignotantes et hurlantes. S’ils veulent arrêter quelqu’un c’est pas très malin de les prévenir qu’ils arrivent… Mais enfin, la voiture s’arrêta et deux policiers en surgirent. Ils virent Théo, planté au milieu de l’entrée comme un piquet bien enfoncé dans le sol. Il n’haletait plus. Il ne pensait plus. Il observait, vide. Ils se dirigeaient vers lui.

 

«  Alors mon p’tit gars ? Qu’est ce que tu fous là ? T’es perdu, lui lança l’un des policiers

- Elle est où cette putain de bagarre, ils se sont déjà tous tirés merde ! renchérit le second

- On est arrivés trop tard, et toi ? T’y participait ? Tu sais qu’on peut te coffrer si tu nous dit rien … ?»

 

Une voix derrière Tornouet hurla son prénom… en entier, une voix féminine. Il se retourna et vit une jeune fille. Qui était-elle ? Elle s’arrêta essouflée devant les policiers et pris le bras de Théo :

 

«  Excuse-moi Théodore ! Merci de m’avoir attendu ! »

 

Il la regardait les yeux ronds. Il finit par comprendre le stratagème…

 

«  Oh … euh… ce n’est rien, de …deux minutes de plus ou de moins… »

 

Il la regardait en hochant les épaules, jouant à merveille son rôle d’étonné et de complice. Il observait en même temps les policiers baladant son regard entre l’inconnue et les chiens de la garde nationale.

 

«  Pour tout vous dire… je viens … juste d’arriver, c’était déjà désert, vous avez du vous … vous tromper…

- Ouais, j’en doute… ils ont dû se tirer avant qu’on arrive !

- J’te signale qu’ils ne se seraient pas tirés si t’avais pas voulu frimer avec tes spots rouges et la sirène de merde !

- Mais c’était pour aller plus vite !

- Si vous voulez bien nous excuser, s’interposa-t-elle afin de s’en défaire.

- oui, … Oui bien sur excusez nous ! Bonne journée »

 

Toujours en lui prenant le bras ils marchèrent sans dire un mot.

 

A SUIVRE.

 

 . .

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L'élève Tornouet - Chapitre 5  (L'élève Tornouet) posté le mercredi 10 décembre 2008 02:40

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CHAPITRE 5

 

Qui est elle ?

Pourquoi donc m’a-t-elle aidé ?

 

Ils marchaient encore côte à côte, bas dessous bras dessus, tel un couple normal de lycéens qui rentreraient ensemble des cours. Une fois arrivés au coin de la rue, à environ 300 mètres du lycée, à l’abris des regards des policiers, elle lui lâcha brusquement le bras, le repoussa presque avec dégoût. Elle accéléra l’allure pour ne pas qu’on croit qu’il eut ne serait ce qu’une possibilité pour qu’ils aient pu être ensemble. Théo essaya de lui attraper le bras.

 

«  Hey ! Attends ! »

 

Elle l’ignora platement et continua sa route. Théo resta sur place, bouche bée, à ne plus comprendre ce qui venait de se passer. Elle l’avait secouru en se faisant passé pour sa petite amie et maintenant elle le larguait au coin de la rue, limite si elle ne l’avait pas aidé de son propre chef.

Il courut donc après elle, comme dans toutes les histoires d’amours cucu qu’il avait pu voir ou lire (dans le programme de seconde de français, vous n’avez pas remarqué ?). Il fallait au moins la remercier. Il se crut tout d’abord dans un opéra… Non ! Soit cool, dans un film américain, voila ça c’est mieux. Elle tourna dans une petite ruelle.

Il lui rattrapa le bras mais plus violemment cette fois-ci, pour ne pas qu’elle puisse se dégager une fois encore.

 

« Lâche-moi !

- euh… Merci

- Je n’en veux pas de ta gratitude ! »

 

Et elle remarcha plus vite encore. Il courut (une fois encore) et lui barra le chemin. C’était maintenant soit un bar à gauche, soit une route à droite. Décidée à l’éviter, elle tourna et entra dans le bar. Ce n’était pas un bar très… fréquentable. Il s’appelait, «  Le mystificateur ». Vous me direz, un bar près du lycée, c’est glauque et pas normal ! Ils marchaient et se poursuivaient depuis près de 700 mètres à vrai dire (ils courent vite)…que faire ? J’y rentre ou pas ? Tant pis j’y rentre, je ne vais pas la laisser toute seule dans ce bar pas net. Tu fais ton chevalier là. Oui et bien je lui dois bien ça ! Il s’engouffra à son tour dans l’entrée sombre du bar.

La clochette de l’entrée retentit alors pour la deuxième fois de la journée.

 

Il y régnait une odeur forte de tabac et de moisissure, assez pestilentielle. Comment des gens pouvaient-t-il boire avec une odeur pareille dans les narines, c’est infect. Théo mit sa main devant sa bouche pour se retenir de vomir. Lui si propre, si soigné, si drogué de propreté, il n’était pas du tout dans son élément et ressentait un profond malaise dû à la saleté, aux immondices, et à l’odeur… Il butta contre quelque chose d’assez mou… Un homme ! Ivre sûrement. Il faisait très noir. Comment retrouverais t-il la jeune fille. Un vent glacé lui vint et il frissonna de la tête au pied. C’est étrange, on est pourtant au printemps ! C’est très dangereux ! Il faisait sombre, très sombre. On distinguait vaguement les formes de fenêtre qui auraient probablement existée et qui existeraient encore si une couche de crasse épaisse et vielle de 50 ans au moins ne s’y était pas installé. On pouvait apercevoir auprès des fenêtres des bancs et des tables. Théo s’avança. L’odeur se fit plus forte.

Le bar était la seule chose à peu près illuminée. Il n’était pourtant que 6 heures du soir, mais n l’on se serait cru en pleine nuit ! Des lanternes pendaient d’un plafond certain pour atterrir à 50 centimètres du comptoir. On pouvait voir qu’un homme penché et essuyant ses verres s’y tenait. Un autre accoudé au comptoir le regardait, enfin du moins, dans cette obscurité, semblait le scruter.

 

* Diling Diling *

 

Il se retourna brusquement et se rendit compte qu’il s’était fait avoir. Elle avait profité de son malaise pour sortir, sans qu’il ne la voie dans l’obscurité si épaisse du bar. Théo se précipita sur la porte, il trébucha une fois encore sur l’ivre et se cogna contre la porte. Aussi vite qu’il le put, il se releva sortit et couru au bout de la ruelle. A gauche. A droite. Volatilisée ! De toute façon, elle est dans le même lycée, je la retrouverais.

 

Le lendemain, il retourna au lycée avec hâte. Qui est elle ? Elle était plutôt jolie. Pourquoi m’a-t-elle aidé ? Je croyais que jamais je ne pourrais avoir d’amis tant les gens sont stupides et que même si je m’intégrais je ne jouerais que le rôle de l’hypocrite. Alors qu’elle… elle est différente. Elle m’a sortit du pétrin et je n’ai pas envie d’être hypocrite avec elle. Je sais pas ce qui m’a pris hier… C’était vraiment trop étrange. J’ai repensé comme avant. Un opéra, franchement.

 

La chose par contre que Théo avait totalement oublié c’était de QUOI elle l’avait sorti. Il s'en rappela bien vite quand il vit Sam ou « l’abruti fini » entouré de ses amis. Aïe, je vais ramasser ce que je n’ai pas eu hier. Je le sens j’ai un mauvais pressentiment et cette fois ci cette fille ne sera pas là pour me sortir du pétrin dans lequel je me serais une fois encore fourré. En plus je ne connais même pas son nom. On se croirait dans un livre. Il passa donc discrètement le portail du lycée, veillant à ne pas attirer les regards sur lui, ce qui ne fut pas une mince affaire.

TOUT le monde le fixait depuis qu’il avait apparu au coin de la rue. Côté discrétion, c’était vraiment raté. Mais visiblement, personne ne lui disait rien et Sam ne le provoqua pas. Ils avaient peur.

 

 «  T’as vu de quoi il est capable ce type ?! », « ouais, il paraît qu’il est resté quand la police est arrivée ! et il a butté les deux flics » «  naaan sans dec’ ? », «  jte l’jure ! Faut pas se frotter à des mecs comme ça ! », « putain, balèze le mec ».

 

Voila ce qui se disait dans le lycée. Ah les rumeurs ! Ce don de déformer exagérément la réalité. Beaucoup de gens sont doués pour ce genre de chose dans le lycée apparemment.

Il n’en entendit rien et continua sa route, comme il le faisait chaque matin. Enfin non, pas tout à fait comme tout les matins. Cette fois-ci au lieu de passer et de traverser la cour sans rien voir, il scrutait chaque recoin pour voir si la mystérieuse fille d’hier s’y cachait. Au moins elle, elle avait l’air de savoir parler français. Y-aurait-il des gens qui me ressemble dans cette établissement ? Peut être… Ce serait bien, mais après ce qui s’est passé hier je doute que l’on soit sur le chemin de l’amitié profonde elle et moi. Elle me déteste aussi, c’est sûr. Et puis je n’ai pas besoin d’elle… Elle était jolie quand même…

 

Il aperçut sa silhouette dans un couloir. Elle avait des amies elle au moins. N’y faisant pas attention, Théo se précipita vers elle. Elle sursauta en le voyant et toutes ses amies prirent la fuite à l’exception d’une, Casper. Elle est dans ma classe ? Si elle connaît Casper c’est qu’elle est dans ma classe ! ? Et je ne l’ai jamais vu… A dire vrai, je ne connais aucune des têtes qui se trouvent dans ma chère et tendre classe… Toujours aussi belle, elle tourna et partit brusquement. Casper le regardait tout étonnée :

 

«  Bah alors, qu’est’c’tu fous la ? T’as pas eu des problèmes avec les poulets toi ?

- Hein ? Elle s’appelle comment ? lui répondit-il rapidement, sans pour autant répondre a la question

- Elle est dans not’ classe Mon con ! T’avais pas remarqué ?

- Euh… non

-Héé me regarde pas comme ça ! ‘scuse pour le « moncon », s’tu veux j’le r’dirais plus !

- Mais  j’aimerais savoir comment elle s’appelle !

- Elle t’fait bander ?

- HEIN ? QUOI ?! Ce n’est pas la question ! Tu détournes le sujet là ! »

 

Il avait eu l’occasion de connaître ce mot avec un de ces cousins un de ces étés passé en famille. Cela l’avait choqué mais amusé en même temps ! Il en avait rit après, mais jamais il ne l’avait utilisé ou entendu. Il trouvait ça péjoratif et d’un manque de classe énorme, et d’un manque de respect envers la personne aussi !!

 

« S’il te plaît ! Dis-moi son prénom !!!

- Oh ça jase derrière ! ça doit être parce que je te parle !Tu sais que t’es la personne la plus craignos du lycée, pourtant j’te trouve cool !

- Merci… C’est gentil, Dit il timidement, soulagé et heureux que quelqu’un remarque ses efforts

- Elle s’appelle… T’as qu’a lui demander !

- Mais ! Elle ne veux pas me parler, pas me voir ni m’écouter .

- Qu’est ce que tu lui a fait ?! C’est douteux tout ça, tu connais pas son prénom et vous vous êtes déjà engueulés, woaa, moi j’dis bravo ! c’est du lourd !

- Allez Eliane, je t’en prie, dis le moi, arrête de tourner autour du pot ( sinon, ça va encore prendre deux chapitreeuus) !!

- Eléonore.

- Merci ! lui répondit il soulagé d’enfin savoir son prénom, il sourit comme il ne l’avait jamais fait

- T’es canon quand même, elle en a de la chance ! »

 

Il rougit, lui fit un dernier signe de main et parti en cours.

 

 

A SUIVRE.

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